Vendredi 27 août 2010


Dimanche dernier, au bord de la mer, me rendant à « ma » messe habituelle de vacances, à « mon » heure habituelle et dans « mon » église habituelle,  j’ai été surpris de trouver porte close. Pas de messe ici aujourd’hui, ou alors beaucoup plus tard.

En revanche on m’informait par pannonceau que commençait dans une vingtaine de minutes une messe dans un parc inconnu de mes services…

J’ai hélé un monsieur endimanché, pull jaune crème jeté sur les épaules, qui semblait aussi perplexe que moi. Lui demandant s’il savait où se trouvait ce parc, il a haussé les épaules, un brin agacé et m’a répondu : « Au diable ! ». Puis il est reparti de son côté.

Moi aussi j’étais agacé. Pourquoi faut-il toujours qu’on nous change nos habitudes ? C’est déjà assez compliqué de caser une messe au milieu des obligations familiales ! J’ai hésité à rentrer chez moi, puis me suis décidé à essayer de trouver ce parc. J’étais en vélo et plusieurs fois l’envie pressante de rentrer s’est présentée à moi. Finalement j’ai trouvé le dit parc et me suis dirigé vers cette messe en plein air d’où provenaient les plaintes bêlantes de bignous.

C’était une messe gigantesque, dans une théâtre en plein air, une célébration bretonne, avec orchestre et costumes populaires.

Je me suis assis sur l’herbe, à la fois étonné de cette foule et encore un peu enervé d’être ici.

Peu à peu je me suis laissé porter par les événements et me suis pris à observer cette foule en arc de cercle, chantant sous un ciel traversé de bons gros nuages. Je les ai observés d’un oeil neuf, n’étant pour une fois pas assis à « ma » place habituelle, au fond à gauche, dans « ma » paroisse habituelle de vacances. Et la vérité de l’Eglise m’est apparue plus vivante que jamais : l »Eglise n’est pas une institution dogmatique, mais plutôt un club de fidèles, d’amoureux de Jésus qui se réunissent depuis deux mille ans en sa mémoire, comme aujourd’hui, comme partout dans le monde.

Soudain j’étais content de faire partie de cette famille.

Il faut parfois déplacer son point de vue de quelques mètres pour redécouvrir la joie.

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Jeudi 19 août 2010


Un comédien se plaignait l’autre jour à la radio qu’en France, on vous dise sans cesse : « Bon courage! », avec cette idée sous jacente que la vie est dure, et la vôtre en particulier. Les chauffeurs de taxi, les collaborateurs croisés à la machine à café, les membres de la famille… tous peuvent finir leur conversation avec vous par un « Bon courage ! » pernicieux…

Aux Etats-Unis, poursuivait l’acteur, on vous lance de façon enjouée des  »take care » (prenez soin de vous) ou des « God bless you » (que Dieu vous bénisse), ou même de réjouissants «  »Enjoy ! » (profitez de la vie)…

La rentrée approche, avec son lot de soucis, de dépenses, d’obligations, de factures… et les « Bon courage ! » fleurissent déjà. Et ce qui fait grandir les « Bon courage ! » encore plus vite, c’est quand on évoque le spectre innquiétant du travail qui va reprendre. Qu’on soit écolier (« attention, mon vieux, cette année, ça ne rigole plus, crois-moi ! »), étudiant (« cette fois-ci, il faut que tu mettes toutes les chances de ton côté »), travailleur (« mon pauvre vieux, tu retournes bosser… Je te plains »), ou chômeur (« Je sais, c’est dur, c’est la crise… »), l’univers du travail suscite cette même forme de compassion navrée, qui se solde par un « Bon courage ! »

Cela me fait rire, et pourtant moi aussi je suis sensible aux « Bon courage ! », qui me laissent invariablement un petit goût amer dans la bouche, un sentiment de nostalgie mal défini, une envie de me complaire dans une sorte d’apitoiement de moi-même, qui n’est pas sans agacer les autres, eux-mêmes pris dans leurs propres « Bon courage! »

Tout cela n’est pas bien grave, j’en conviens, mais comme la rentrée approche, je veux faire partager trois petits textes de Mère Teresa, qui, alignés, remettent bien les idées en place.

Si vous êtes découragé, c’est un signe d’orgueil qui montre  que vous croyez en vos propres capacités. Ne vous souviez jamais de l’opinion des autres. Soyez humble, et vous ne serez jamais dérangé.

Aussi beau que soit votre travail, soyez-en détaché, même prêt à l’abandonner. Le travail ne vous appartient pas. Les talents que Dieu vous a donnés ne vous appartiennent pas ; ils ont été mis à votre disposition à la Gloire de Dieu.

Si dans votre travail vous avez des difficultés et que vous les acceptez avec joie, avec un grand sourire, en cela, comme en beaucoup d’autres choses, vous verrez la bonté de vos actes. Et la meilleur façon de montrer votre gratitude, c’est d’accepter chaque chose avec joie.

Voilà qui donne du courage !

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Vendredi 13 août 2010


Parfois, j’ai la foi qui s’endort.

En ces derniers jours de vacances, je pédale sur le bord de mer en me demandant où en est mon amour du Christ. Je me sens comme engourdi, lassé, comme un enfant gâté qui ne veut plus jouer. Je m’en veux d’être ainsi mais je n’y peux rien.

Je me dis que c’est mon désir (ou mon angoisse existentielle) d’être toujours dans l’action, le mouvement, la recherche, qui me procure ce sentiment de vide.

Et puis je lis, parmi les nombreux témoignages sur ce blog, une phrase qui me crée un déclic : ma vie banale, vue de l’extérieur…

Et tout à coup je me réveille de ma torpeur. Je comprends tout à fait ce sentiment que j’éprouve sans cesse : avoir rencontré Jésus a changé ma vie de l’intérieur. Et, vue de l’extérieur, ma vie semble banale, inchangée, sans histoire… Mais moi je sais qu’en fait tout est changé, en profondeur.

Et cela m’illumine.

Merci mon Dieu.

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Samedi 7 août 2010


Je me demande souvent ce qu’à fait Jésus les trente premières années de sa vie.

Trente ans, c’est long. A cette époque, où l’on mourait plus jeune qu’aujourd’hui, trente ans était déjà un âge respectable. Peut-être l’équivalent d’en avoir cinquante de nos jours…

On ne sait de Jésus que l’épisode où, vers huit ans, il a rétorqué à sa mère qu’il avait à s’occuper des « affaires de son Père ». Il était encore un jeune enfant, suffisamment jeune pour que ses parents s’inquiètent pour lui, et il savait donc déjà de qui il était le Fils.

Il savait. Peut-être même que Marie lui avait déjà raconté tous ces faits étranges liés à sa naissance, le enfants aimant bien qu’on leur raconte comment ils sont nés. Comment l’ange était apparu à sa mère, comment celle-ci avait accepté son sort avec humilité et fierté. La comète, les Rois Mages, le massacre des premiers nés qui montrait l’importance de l’événement… Joseph aussi avait dû donner sa version des faits, l’envie de répudier Marie, et le songe qui lui avait fait changer d’avis. Il est probable que ces conversations aient eu lieu, le jeune Jésus cherchant à se renseigner.

Alors, qu’a fait le Fils de Dieu pendant ces trente longues années d’anonymat ?

Selon toute vraisemblance, il a travaillé comme menuisier, avec son père vieillissant. Il a façonné le bois, discuté avec les clients, balayé son échoppe, jour après jour, après jour…

Comment est-ce possible d’avoir accepté ce destin monotone, quand on est Jésus, Sauveur du monde ?

Voilà une leçon d’humilité, qui dépasse même le lavement des pieds ! Attendre avec patience d’accomplir son oeuvre, quand l’heure sera venue, et pas avant.

Et balayer son échoppe chaque jour, année après année.

Une partie de la réponse à cette question revient peut-être à mon ami prêtre, Eloi, qui m’avait dit un jour, où je devais lui paraître impatient, nerveux, piaffant de désirs inassouvis… « Si Dieu a besoin de toi, ne t’inquiète pas, Il te le fera savoir. En attendant, vis ta vie et surtout, sois fier de ton travail.. »

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Vendredi 30 juillet 2010


Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé un perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. (Matthieu 13,44-46)

Eh oui, ça a l’air simple comme bonjour.

Pour celui qui n’a pas trouvé, il y a toutes les excuses ; celui-ci cherche Dieu sans Le trouver, celui-là attend un signe… Ils cherchent, aveugles, et c’est déjà un effort remarquable.

Mais pour celui sur lequel la grâce est tombée gratuitement, pour celui qui a déjà rencontré Jésus, qui déborde d’amour pour lui… alors qu’il fasse comme le marchand de perles, qu’il vende tout ce qu’il possède, qu’il ne perde pas une minute de plus à thésauriser d’inutiles possessions terrestres, à les compter, à les surveiller, à les faire fructifier ! Non ! Qu’il se dépêche, qu’il brade tout, car il a déjà trouvé la plus grande richesse qui soit !

Saint Bonaventure, parlant de Saint François d’Assisse, dit : Personne n’a gardé son argent aussi jalousement que François a gardé sa pauvreté ; jamais personne n’a surveillé son trésor avec plus de soin qu’il n’en a mis à garder cette perle dont parle l’Evangile.

Eh oui, c’est limpide…

Mais je suis comme le jeune homme riche que Jésus invite à le suivre avec très grande tendresse ; je m’en retourne vers mes petites richesses matérielles avec tristesse, car je suis incapable à ce jour de tout vendre pour m’adonner pleinement à mon amour de Dieu.

Pourtant, la perle, je crois l’avoir trouvée.

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Vendredi 23 juillet 2010


Le plus difficile, dans la façon que l’on a d’aimer Dieu, c’est de savoir attendre.

Même quand Il ne vient pas.

Attendre sans impatience.

Lui faire confiance. S’abandonner à Lui, à Sa volonté.

Profiter d’attendre pour bien vivre.

Et quand Il est là, qu’on se sent palpiter en Lui, ne pas chercher à Le garder pour soi.

« Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père » dit Jésus à Marie Madeleine, toute pleine d’amour pour lui.

Mon instinct d’humain est de vouloir posséder ce que j’aime, ma femme, ma vie.

Mais il faut ouvrir son coeur  et tout lâcher.

Et continuer de L’attendre.

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Samedi 17 juillet 2010


Voici revenu le temps des vacances, week-ends prolongés entre stations de travail sous le soleil, orages et chaleurs, bruits de la ville et cris d’enfants qui s’amusent dans la piscine.

Une forme de sérénité s’intalle en moi. Je pédale dans la campagne magnifique et je loue le Seigneur pour l’extraordinaire beauté de chaque chose, la rondeur d’une vallée, un papillon qui m’accompagne de son vol maladroit, la couleur des blés, ces  somptueux de tournesols orientés comme un seul homme vers la lumière divine.

Je remercie le Seigneur avec une sincère émotion de la force qu’Il a su insuffler en moi et qui me permet désormais d’affronter les incertitudes professionnelles, les conflits de dernière minute, les menaces à peine déguisées des clients surpuissants, qui jadis me travaillaient des nuits entières, flattaient en moi une mauvaise agressivité et développaient d’immenses étendues de peurs, de façon plus tranquille, détachée, humble.

Je m’en remets au Seigneur et le remercie de ce détachement, de cette force, de ce début de sagesse qui semble pousser en moi.

Et puis un petit neveu tout bronzé, un de ces enfants charmants à la voix claire et aux jambes de sauterelle, me défie de faire deux longueurs de piscine sans reprendre ma respiration. Lui-même s’exécute avec facilité.

Me voilà dans le silence bleu, mes grands bras esssayant de me propulser le plus vite en utilisant le moins d’énergie possible.

Mais au deux tiers de l’exercice, je manque d’air. Une peur panique me prend à l’idée de suffoquer ; une peur de mourir, une peur enfantine qui fond sur moi comme une ombre immense. Je ressors précipitamment.

Qu’il est bon de respirer !

Alors je prends conscience de ma peur de mourir qui est là, toute proche, sous la très fine couche de force que je croyais avoir. Et je pense à Jésus, à cet homme, allant vers sa propre mort sans broncher. Et je rougis d’avoir cru un instant à l’illusion de ma force.

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Vendredi 9 juillet 2010


La curiosité est-elle un défaut, ou une qualité ?

En tout cas, cette caractéristique est une composante de ma personnalité et je crois que Jésus se sert de ma curiosité naturelle pour me faire avancer.

C’est par curiosité que je me suis retrouvé hier assis par terre avec une femme et son mari, que je ne connaissais pas plus que ça, à prier.

Cette femme était venue me trouver il y a quelques temps avec un projet professionnel pour la télévision. Très rapidement, nous avions cessé de parler du projet pour parler de Dieu. « Ouf ! » me dit-elle. « Je suis contente que nous abordions ce sujet, je redoutais de repartir de ce rendez-vous sans avoir parlé de Dieu avec toi.  » Elle me raconta son enfance, sa relation au Père, sa façon de prier. Je lui fis savoir que je ne savais pas prier. C’est alors qu’elle m’invita à venir prier un jour avec elle.

Pourquoi pas ? J’étais curieux de voir.

L’invitation était pour hier. Je suis arrivé au rendez-vous avec le trac. Qu’allait-on me demander de faire ? Je suis quand même pudique et je n’aime pas trop les effusions un peu exagérées.

Nous avons bu un verre avec son mari et elle m’a dit, avec un sourire : « Tu es un petit garçon qui a rencontré Jésus, qui a très faim, très soif et qui crie beaucoup ! Ce que je vais te dire n’est pas un jugement, mais tu me donnes l’impression de faire du sur place. Certes tu témoignes, tu racontes ton histoire et c’est bien, mais maintenant il faut que tu te donnes entièrement et que tu fasses confiance au Seigneur. »

Je n’étais pas sûr d’être rassuré par ces bonnes paroles.

Après nous nous sommes assis sur le sol et elle a commencé à prier, tout simplement en fait, mais à voix haute, remerciant le Seigneur de son amour et lui demandant de faire grandir le patit garçon que j’étais pour devenir encore plus petit et humble, et me laisser faire par Lui, me laisser guider sans avoir peur de Lui confier ma vie, qu’Il ne me brutaliserait pas, ne me forcerait pas, mais au contraire me montrerait le chemin avec délicatesse.

Je suis reparti dans la rue écrasée de chaleur, vers mes prochains rendez-vous, un peu sonné et joyeux tout à la fois.

Plus tard dans l’après-midi, cette femme m’a envoyé un texto : Je viens de recevoir cela pour toi : « J’ai capturé ton coeur, mon fils. Maintenant je me languis à l’idée que tu me le donnes, volontairement et entièrement. »

Curieux, non ?

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Vendredi 2 juillet 2010


Ces deux dernières semaines sont marquées par une forme, sinon de doute, de confusion.

Samedi dernier, ayant une heure à perdre, je suis entré dans une église vide et me suis assis sur un banc. Pour une fois je ne me suis pas lancé dans une prière toute faite, je ne me suis pas mis à remercier, à demander pardon… je ne demandais rien, en fait. Je me suis abandonné dans les bras de Jésus. Au début, un tas de pensées farfelues sont venues me distraire puis peu à peu le calme m’a envahi. Puis est apparue l’idée que ma relation à Jésus devait évoluer, qu’il était temps de grandir, de s’éloigner des émotions rassurantes, de lui faire assez confiance pour m’aventurer tout seul sur mon chemin. Je suis sorti apaisé et émerveillé d’avoir réussi, pour une fois, cet exercice qui je crois était une prière.

Depuis (est-ce un hasard ?) j’ai reçu des témoignages, une lettre, un livre, une visite au bureau, une conversation, allant dans ce sens. Des gens me disant que mes émotions n’étaient pas de garanties de la présence de Jésus, et que c’étaient dans mes défauts, mes faiblesses, mes fautes que je trouverais les forces qui me feraient avancer… et surtout pas dans ma volonté de toujours bien faire.

Cela me trouble. La fin d’année est stressante, je mange trop, je bois trop, je ne dors pas assez, je m’agace dans mon travail, je montre des signes involontaires d’impatience, je me sens injustement triste et abandonné, je ne m’aime pas beaucoup, je m’exténue à poursuivre des buts chimériques, j’assure la logistique de mon quotidien, il fait chaud.

Je dois apprendre la patience.

Je dois apprendre à ne plus avoir peur d’aller seul.

Et j’ai peur.

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Samedi 26 juin 2010


Vous voilà, mon Dieu. Vous me cherchiez ? que me voulez-Vous ? Je n’ai rien à Vous donner. Depuis notre dernière rencontre, je n’ai rien mis de côté pour Vous.

Rien… pas une bonne action. J’étais trop lasse.

Rien… pas une bonne parole. J’étais trop triste.

Rien que le dégoût de vivre, l’ennui, la stérilité.

- Donne !

- La hâte, chaque jour, de voir la journée finie, sans servir à rien ; le désir de repos loin du devoir et des oeuvres, le détachement du bien à faire, le dégoût de Vous, ô mon Dieu !

- Donne !

- La torpeur de l’âme, le remords de ma mollesse et la mollesse plus forte que le remords…

- Donne !

- Le besoin d’être heureuse, la tendresse qui brise, la douleur d’être moi sans secours…

- Donne !

- Des troubles, des épouvantes, des doutes…

- Donne !

- Seigneur ! voilà que, comme un chiffonnier, Vous allez ramassant des déchets, des immondices ! Qu’en voulez-Vous faire, Seigneur ?

- Le Royaume de Cieux.

« Communion » de Marie Noël

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