Archive pour le septembre 17th, 2011

le plaisir et le diable

Samedi, septembre 17th, 2011

Je ne veux pas me lancer dans une série de pensées sur le Diable, dont je ne sais pas grand chose et que je ne suis pas pressé de connaître plus.

Néanmoins, je le vois comme une force qui veut me couper de Jésus. Il peut se présenter sous forme de distraction, ou, comme je l’ai dit, de peur, qui me fait apparaître la réalité comme elle n’est pas et peut m’amener à renier Jésus. Le Diable est incroyablement inventif, il ne manque jamais d’imagination pour créer de nouveaux plaisirs, qui semblent tout d’un coup indispensables, et produire des peurs inédites, ultra crédibles.

Parler du Diable n’est pas une façon de me dédouaner de mes fautes. C’est moi qui, librement, choisis de  me faire arnaquer.

J’ai parlé des peurs, qui surgissent comme autant de tentations et qu’il m’arrive de saisir, alors que je pourrais les ignorer.

Pour être honnête, je dois parler des plaisirs que je consomme parfois sans discernement. Je n’ai rien contre les plaisirs, sauf quand ils me distraient de Jésus. Une bonne bouteille de vin, partagée avec des amis chers, autour d’une conversation intime, est un plaisir que j’apprécie plus que tout. Un plaisir qui me rapproche de Dieu. Cette même bouteille, que j’entame seul, dont je m’empresse de boire quelques verres le plus vite possible, en avalant un dîner rapide, après une journée de travail, pour me distraire de mes soucis,  me donner une petite envie de sommeil embrumé, me couper des autres et me réfugier dans ma paresse naturelle, ce plaisir-là m’éloigne de la joie que me propose le Christ et me rapproche dangeureusement du Diable. Et cette bouteille pourrait devenir indispensable, si je n’y prenais garde. Les plaisirs indispensables ne sont pas ceux proposés par Jésus.

L’autre jour, sur un plateau de télévision où j’étais invité pour parler de la sortie du DVD de « Qui a envie d’être aimé? », le journaliste a soudain cassé le rythme en lançant un petit sujet en images sur Pierre, illustré par des tableaux classiques. La voix qui commentait ces images nous racontait les larmes d’amertume de Pierre, après avoir renié le Christ par trois fois, comme celui-ci le lui avait prédit. Pierre, disait-il, jusqu’à la fin de sa vie, ne pouvait réprimer quelques larmes quand il apercevait un coq.

J’ai été submergé par une grande émotion, que je suis parvenu à dissimuler, malgré les questions des présentateurs. J’ai de nouveau éprouvé un élan de sympathie profonde pour Pierre, une bouffée de gratitude aussi pour sa faiblesse, qui soulage la conscience que j’ai de la mienne.

J’ai pensé à la bouteille, entamée la veille, qui m’attendait ce soir.