premiers chrétiens

Cette semaine ma petite tempête professionnelle se poursuit, tempête tumultueuse, fatiguante, éprouvante émotionellement, mais qui n’en reste pas moins qu’une tempête professionnelle.

Et au milieu de tout ce bruit et de toute cette fureur, se présentent à moi coup sur coup deux témoignages acceptés des mois auparavant et qu’il me faut bien honorer. Je n’ai vraiment pas la tête à ça. Pourquoi aller raconter à des inconnus mon histoire, toujours la même histoire de ma rencontre amoureuse avec Jésus, alors que j’ai mille choses urgentes à faire et que mon téléphone ne cesse de vibrer dans ma poche  ?

Le premier témoignage se passe très tôt un matin de semaine, devant une centaine d’élèves de première. Je contemple leurs visages tout neufs, esquisses d’adultes en devenir. Je me sens vieux et fatigué avant même de commencer.

J’en sors une heure et demie plus tard, rempli d’énergie, d’optimisme et de gratitude envers Jésus. Jésus se montre à moi quand je parle de lui. C’est peut-être pour cette raison que je parle sans cesse de lui.

Je retourne dans ma tempête, aussitôt happé, mangé tout cru.

Le second témoignage se passe à Lyon, un soir. Jusqu’aux dernières minutes de TGV, je suis au téléphone, avec des gens furieux qu’il faut remettre à leur place ou d’autres, déçus et blessés, qu’il faut consoler avec délicatesse.

Et me voilà dans une salle remplie d’adultes qui attendent. Je m’étonne qu’on ait envie de me voir. Ce sont sans doute des gens en demande ; il y a les croyants fervents qui viennent se faire plaisir et les catholiques endormis, qui doutent, qui ne ressentent plus grand chose et qui aimeraient trouver ou retrouver un étincelle qui pétille dans leurs tripes.

Je rentre le lendemain dans un autre TGV, le coeur encore rempli d’émotions, après cette soirée de partage.

Il me semble qu’à chaque fois, en racontant ma rencontre amoureuse avec Jésus, une magie particulière s’opère, entre l’image que se font ces chrétiens d’une Eglise ancienne, majestueuse, académique, référentielle et aussi critiquable… et l’image que j’en ai, qui les réveille un peu ; l’Eglise est pour moi un jeune club qui possède deux trésors inoxydables, la parole de Dieu (une parole vivante, révolutionnaire, émouvante, parfois scandaleuse), et ceux qui composent cette Eglise, à savoir les chrétiens lambdas.

En regardant ces visages qui m’écoutent, qu’ils soient jeunes ou ridés, fatigués ou plein d’entrain, je m’aperçois que nous sommes tous des premiers chrétiens. Laissons de côté l’histoire de l’Eglise derrière laquelle nous nous abritons quelques fois, oublions notre propre histoire personnelle, faite de souffrances qui nous empêchent parfois d’avancer, pour considérer un fait tout à fait surprenant : Jésus s’adresse à nous aujourd’hui, maintenant et chaque jour. De même que Jacques et Pierre, qui, sans sourciller, laissent tomber leurs filets, leur gagne-pain, pour suivre cet inconnu qu’est Jésus, acceptons l’inimaginable : nous sommes appelés, invités au festin du Seigneur chaque jour, maintenant, tout de suite.

Le passé n’existe pas. Nous sommes des premiers chrétiens qui devons nous lever, inventer notre chemin personnel, construire l’Eglise d’aujourd’hui. L’Eglise n’est pas une institution impressionnante… Ca, c’est une illusion. L’Eglise, c’est nous, maintenant, tout de suite.

Nous vieillissons, puis mourons.

La parole de Jésus reste, étonnamment intacte. Et elle s’adresse à chacun d’entre nous, maintenant, tout de suite, chaque jour.

03/12/2011

32 commentaires

  1. Redigé par roselyne:

    BONJOUR !

    AMOUR, PAIX, JOIE à tous en cette période de l’Avent.
    Profitez de chaque instant de Partage, de Sourire et n’Ayez pas peur…LA VIE C’est LE PRESENT ou UN PRESENT !
    Aujourd’hui, je vais participer au Téléthon en achetant une part de la buche de noel la plus grande de France(600 mètres), il y a eu là, de l’Amour, la Joie à faire du beau, du travail partagé, tous les bons ingrédients pour AIMER SON PROCHAIN COMME SOI MEME!
    BONNE SEMAINE.

  2. Redigé par Antoine Pluchet:

    Bonjour,
    je fus de Lyon
    Je ne savais pas qui et ce que j’allais voir
    Malentendant, je n’ai pas entendu, perçu probablement tout
    Contrairement à beaucoup, je n’ai pas ri, je ne trouvai pas les propos drolesques mais j’avais surtout l’impression de retrouver un one man show très préparé…je ne retrouvai pas l’émotion, la profondeur du sujet..voire même la cérébralté attendue dans l’enceinte des maristes.
    Il y a quelques années, je suis allé écouter MArtin GUERARD et, j’avoue que l’émotion de sa découverte m’a semblé alors plus preignante.
    Depuis mardi vos propos se raniment dans mon inconscient… au point que je vous retourne ce petit témoignage.
    …Cette soirée réveille en moi un petit quelque chose qui mérite que « le bras cassé  » y réfléchisse…
    merci

  3. Redigé par Béa:

    Bonjour Thierry,
    « Jésus se montre à moi quand je parle de lui »: qu’est-ce que c’est beau ce genre de phrase!Il y de quoi être réveillé ou maintenu en éveil! Effectivement les « croyants fervents se font plaisir » en lisant cela. Enfin moi c’est mon cas.
    Les personnes converties sont comme des « preuves  » de l’amour de jésus, des signes, qui démultiplient la confiance qu’on a au fond du coeur. Et puis il y cette émotion de se dire que telle joie, tel sentiment, on l’éprouve aussi et c’est bon à partager, c’est bon de l’entendre dire.
    Et il y a votre façon de parler de l’amour de jésus qui rend les choses si simples et si proches, qui l’actualisent en quelque sorte.
    « Le passé n’existe pas »: je crois que c’est le patriarche Athénagoras qui disait qu’il était la « poussière sous nos sandales qu’il fallait secouer » pour continuer le chemin.
    Bon week-end Thierry et merci.
    Bon week-end à chacun.
    Béatrice

  4. Redigé par Danièle DALBY:

    Bonjour Thierry,

    Comme chaque samedi vous êtes mon messager de la semaine. Je trouve toujours dans vos paroles de quoi me réveiller, me rendre plus attentive aux autres. Merci et bonne semaine.

    Danièle

  5. Redigé par marieluce:

    Bonjour et bonne semaine.
    Comme vous exprimez bien et simplement ce qui fait mes convictions et ma croyance. Merci pour la force que vous nous donnez, le courage et la Joie pour la semaine qui vient.
    Je suis catéchiste et quand je termine ma réunion les enfants me donnent grande joie. Pendant cette réunion Jesus marche avec nous.
    Dieu vous bénisse.

  6. Redigé par Yveline:

    Merci Thierry ,
    C’est vrai Jésus est toujours là, aussi bien dans les églises que dans les petits gestes de la vie. C’est beau de croire qu’Il est présent et là pour toute personne Continuez de témoigner toujours.
    Bonne semaine .

    Yveline

  7. Redigé par Marie Richard:

    P/S : Françoise et Béa, je vous avais laissé un tout petit mot sur le précédent «Sortir de soi-même.»

    À bientôt Thierry. Je médite ton beau texte avant de mettre mon grain de sel. Bonne journée ensoleillée !

    Marie

  8. Redigé par Catherine87:

    Quel beau message, tu nous adresses, Thierry, aujourd’hui !!!
    La parole de Jésus est toujours proche de nous, nouveaux premiers chrétiens.
    Surtout continu à témoigner de ville en ville comme tu le fais.
    A limoges, nous avions adoré ton témoignage !

    Un coucou sous la pluie à tous les blogueurs.

  9. Redigé par Cherubin:

    Yeah , assez génial ce billet , bien dit

  10. Redigé par Alberto:

    Bonjour.

    Même si cela semble être parfois une « corvée » pour Thierry Bizot, j’aimerais savoir quand aura lieu la prochaine rencontre avec lui en Région Parisienne. MERCI!
    (Moi aussi, je suis un catholique anonyme -C.A-, mais j’aimerais parfois sortir d’un certain anonymat ou isolement, et entrer en relation avec d’autres C.A autrement que par courrier électronique ou blog).

  11. Redigé par Brigitte:

    Qu’ajouter à ce message?!!
    Les années 2000 avec leur T.V.G,internet,portables,blogg remplacent les années du début de notre ère avec leurs ânes,la marche à pied,le bouche à oreille mais ce sont toujours les mêmes hommes qui se mettent en mouvement plus ou moins assoiffés de la parole de Dieu.Nous venons écouter dans les églises,les salles de spectacles,les classes ou les chapiteaux ceux qui par leurs charismes contribuent à nous réveiller et à nous interpeller.
    Votre relation avec Jésus-Christ vous incite à vous déplacer par monts et par vaux pour témoigner;vous appartenez un peu plus que nous au Christ.
    Mettre l’Eglise à sa juste place comme vous le suggérez,Thierry, permet de relativiser beaucoup de choses!
    Brigitte

  12. Redigé par Sophie:

    Bonjour Thierry

    Je souhaite que votre tempête professionnelle se calme progressivement sans laisser trop de dégâts.

    Je rebondis sur votre remarque sur la dimension « immédiate » de l’Eglise : « les premiers chrétiens « , c’est nous tout de suite, maintenant avec le besoin d’inventer l’Eglise d’aujourd’hui ! Cela me parait à la fois très vrai…. et pas incompatible, avec le fait de prendre en compte aussi la dimension de la transmission et de la Tradition de la foi.
    C’est parce que quelques femmes ont vu le tombeau vide au matin de Pâques, qu’elles ont couru le dire aux apôtres, que ceux ci ont progressivement réalisé ce que cela pouvait signifier et l’on redit … etc, etc …. qu’en fin de compte, des milliards de personnes au travers des âges ont eu connaissance de cette nouvelle, qu’elle a transformé leur vie, ils l’ont redit à leur tour…
    L’Eglise est aussi depuis l’origine cette « faculté de contagion », qui la dépasse totalement, qui a tenu bon aux travers des âges, dans des civilisations et des cultures fort différentes.

    Pour ma part, quand je regarde en arrière, (et, éventuellement, quand j’ai fini de m’agacer avec telle position institutionnelle qui me semble mal venue), cela m’encourage de pouvoir prendre appui sur ces longues lignées qui m’ont précédées.

  13. Redigé par françoise:

    Merci Marie pour le choix du psaume.
    J’en fais ma prière aujourd’hui.
    Je vous associe à cette prière,ainsi que vous, Thierry, dans la tempête que vous traversez.
    Pour l’avoir expérimenté, je sais que dans les moments les plus difficiles, il est bon de compter sur la prière des autres…

  14. Redigé par Mona:

    « Que de catholiques endormis ! » c’est cela qui sclérose la vieille Église ! Pour moi , je suis entièrement d’accord avec toi ,Thierry et te demande de rester toi-même et surtout ,de ne jamais croire que tu n’as plus rien à dire aux » fidèles habitués « des paroisses . plus exactement ,laisse Jésus attirer les hommes et les femmes à Lui ,à travers toi, grâce à ton témoignage . Ce n’est pas toi qu’ils recherchent mais le visage du Christ à travers toi .
    Comprends bien ce que je dis . Nous sommes » les ambassadeurs du Christ « et c’est notre parole qui crée le contact . « Malheur à moi ,si je n’évangélise pas  » disait st. Paul ; A toi de sentir ,humblement quand et comment témoigner de l’Amour qui t’a un jour « brûlé le cœur  » Didier Rimaud .
    Je suis heureuse de faire partie des amis invisibles de ce blog et te soutiendrai tant que je peux par la prière et l’encouragement .
    Bel Avent : temps d’intériorisation et de silence pour rejoindre le sauveur qui dort au plus profond de nos cœurs , comme dans la barque de la tempête apaisée . Mais Il est là !
    Mona

  15. Redigé par L.N:

    merci Thierry pour ce beau message encore une fois , on sent bien cette ivresse de Dieu dans vos propos et toujours cette interrogation , qui revient sans cesse , ce pourquoi comme un leit motiv et ce comment , pourquoi moi et comment dois- je m’y prendre .
    Evangéliser oui c’est bien le maitre mot , mais le principal est de rester soi même , tel que nous étions lorsque nous avons enfin ouvert nos oreilles et nos yeux .
    Parfois il m’arrive moi aussi de me demander si j’en fais assez , si je suis bien à ma place , si j’écoute bien la voix douce et bienfaisante qui me parle
    C’est un chemin long ; difficile mais si incroyablement beau que le chemin que Dieu nous montre .
    Je crois que la seule chose à faire et de se laisser faire , s’abandonner dans les bras de Jésus et tout faire afin qu’il ne souffre plus les douleurs de la Passion , nous le crucifions si souvent …
    Hier soir je relisais un passage de la vie du Saint Curé d’Ars , lorsqu’un prêtre un peu jaloux de son succès lui écrit que vu son ignorance , son manque d’érudition ,on devrait lui interdire de confesser
    Et Jean Marie Baptiste Viannay de répondre avec joie qu’enfin ce prêtre a compris , qu’il a deviné ce que les autres ne voient pas , qu’en effet il devrait s’isoler dans une Trappe et cesser toute évangélisation dans son village vu son niveau culturel
    tant d’humilité me touche comme c’est pas possible
    Vous aussi vous avez un rôle important auprès des Chrétiens qui vous attendent , sans doute ne vous considérez vous pas à la hauteur , mais ce qui compte dans l’arbre ce sont ses fruits
    Que Dieu vous guide et vous aime
    Hélène

  16. Redigé par M-Odile:

    Une rencontre « amoureuse » avec Jésus, qui pourrait bien s’affadir si vous n’aviez pas trouvé le moyen de la réactualiser/revivifier par vos témoignages publics.
    C’est quand même une expérience incroyable que la vôtre !
    Est-ce un appel pour chacun de nous à trouver notre propre moyen de réactualiser notre ferveur pour Jésus ? (je n’irais pas jusqu’à parler de notre amour amoureux de Jésus !).
    Effectivement, il y a les deux piliers inoxydables que sont : la Parole et l’Eglise. Et puis il y a la prière, ce temps qu’on fait brûler pour Dieu. C’est si facile de la raccourcir ou de l’oublier ! mais non ! quand la cloche de notre âme sonne, il faut répondre à l’appel, sans retard, qu’on en ait envie ou pas ! Et, tout comme vous par le témoignage, la flamme de la ferveur pour Jésus reprend de la consistance, se met à briller…pour les autres…à leur insu le plus souvent…
    A chacun de trouver à maintenir la flamme vive, et sa forme de témoignage.

  17. Redigé par gaelle:

    Bonjour Thierry,
    je voudrais reprendre votre question: « Pourquoi aller raconter mon histoire amoureuse avec Jésus? » Pour ma part, je trouve important de raconter les émotions qui vous traversent lorsque vous « tombez amoureux » de Jésus, parce qu’en partageant ce récit si intime, vous faites un fabuleux cadeau à tous ceux à qui vous en parlez! Je suis sûre que leur journée s’en trouve ensoleillée, et peu importe, en réalité, qu’il s’agisse de Jésus, Bouddha, ou d’un ange par exemple. C’est la rencontre qui est capitale et, ce qu’elle vous apporte, vous l’aportez à votre tour, à votre façon si délicieuse! Par contre, il est vrai que Jésus est signifiant pour la plupart d’entre nous, croyant ou non, et peut-être bien que citer son nom amène vos semblables à vous prêter attention. Je veux dire, si vous parliez de votre rencontre spirituelle avec Karl Jung, qui était un type très bien (mais n’ayant sensiblement pas la même « aura »!), vous passeriez sans doute pour fou!
    Cela me parle lorsque vous évoquez ce « chaque jour » renouvelé avec Jésus, que je qualiefirai, pour ma part, de « chaque jour avec la vie » car, c’est vrai, on vieillit (ça va vite!), on meurt, et même si tout n’est pas rose, il est préférable de laisser le moins de place possible à la grisaille et d’inviter le côté merveilleux de la vie dans notre quotidien. Vous avez raison, Thierry, il n’est jamais trop tard pour s’éveiller à la vie et cela est accessible à chacun d’entre nous! Une fois de plus, je viens vous lire (ça faisait longtemps, mais je reviens car vous êtes dans « mes favoris »!) et vos mots font écho à mes pensées présentes, j’adore! Merci.

  18. Redigé par Béa:

    J’ajoute aux raisons qui font que des personnes vont écouter Thierry, et nous le lire, une phrase lue cette semaine: « on ne va jamais à Dieu directement. On y va par la médiation de l’autre ». Je ne sais pas si ce « jamais » est vrai mais je crois que les témoins du Christ nous aident à aller vers Dieu et cette idée rejoint les belles paroles de Brigitte et Mona.
    Thierry, vous avez un frère en la personne de Michel Cool dont j’ai entendu hier le témoignage au sujet de son livre « Conversion au Silence ». Vous êtes sur une même longueur d’ondes mais vous le savez sans doute déjà.
    J’ai lu Heureux les Simples de JM Pelt, il n’hésite pas à fustiger l’Eglise mais on comprend que c’est à l’aune de son amour pour elle et de ce qu’il en attend.
    Je crois comme vous que l’Eglise c’est nous tout de suite, mais tant de personnes semblent absolument incapables d’ entendre son vrai message, et préfèrent retenir les errances d’un catéchisme d’il y a 50 ans et se fermer ainsi à toute possibilité d’écoute de la Parole de Dieu. C’est pour ces personnes-là, parfois en recherche de Dieu que c’est regrettable pas pour nous qui L’aimons déjà.
    Dommage, l’Eglise a elle-même pollué un message d’amour- révolutionnaire je suis bien d’accord, j’essaie de l’expliquer à ma fille!- et s’est rendue inaudible pour bon nombre de personnes.
    Même auprès de certains jeunes c’est une parole qui n’a plus cours depuis longtemps dans l’Eglise qui perdure; je me demande pourquoi cet vision étriquée et moralisante est si tenace! Je lisais sous la plume d’un cardinal qu’aucun discours ne pourra convaincre du contraire et changer cette image , seulement les actes, le fait de vivre le message du Christ le plus fidèlement possible, et ça prendra du temps.

    J’espère que votre semaine est plus calme, sinon tenez bon
    Dieu vous bénisse!

  19. Redigé par françoise:

    Bonjour Béa,
    je pourrais signer ce que vous écrivez.
    Depuis samedi, je laisse aussi cheminer cette formule:  » Nous sommes les premiers chrétiens. » Je la trouve très dynamisante.
    A nous aujourd’hui d’innover, de prendre des initiatives…
    les « nouveaux chrétiens », les « recommençants » – un mot lourdeau mais utilisé dans l’Eglise -, les catéchumènes sont souvent plein d’idées innovantes…malheureusement pas toujours faciles à faire adopter. Mais la rencontre de Jésus donne un fameux coup de pouce!

  20. Redigé par laurence:

    « Nous sommes les premiers chrétiens… » Moi aussi je me laisse entraînée par cette phrase. L’Eglise d’aujourd’hui ne peut survivre que si chaque croyant, chacun à sa manière, chacun selon ses talents, la fait vivre. J’ai eu la chance de vivre une semaine spirituellement riche. Le petit groupe d’enfants que j’ai au caté prépare sa première communion. Il y a eu une rencontre avec les parents à ce sujet, et la grande majorité d’entre eux sont soit en rejet total de l’église (mais accepte que leur enfant communie pour faire plaisir aux garnds-parents…), soit n’ont reçu aucune éducation chrétienne de leur propres parents et se retrouvent très étonnés que leur enfant les entrînent sur e chemin. Beaucoup m’ont dit qu’ils avaient accepté d’inscrire leur enfant parce que j’avais l’air « normal » (je traduis : jean, un peu de maquillage, un peu à la mode). C’ela montre bien les préjugés! Beaucoup m’ont remerciée pour le messsage simple d’amour que je fais passer aux enfants, pour la manière dont je leur parlais de Jésus . Je leur ai expliqué que je n’étais que le témoin sincère, que je n’hésitais pas à discuter avec leurs enfants des doutes et des certitudes d’une vie de croyant. Cela m’a touché, car cette étincelle je la ressens chez les enfants qui me sont confiés, je sens moi aussi que Jésus est avec nous dans ces moments là…Et puis ma fille aînée a entamé sa démarche vers la confirmation (parcours d’une année) et cela me touche car je suis issue d’une famille non ptratiquante, et ma redécouverte de Dieu a visiblement entrâiné un peu mon mari et mes enfants à ma suite. Quel bonheur dans ces cas-là!
    Continuons à témoigner, à partager, sans prosélytiseme mais avec notre coeur.
    Belle semaine à tous.

  21. Redigé par Béa:

    Merci Françoise de co-signer!
    Laurence c’est un beau message que vous nous écrivez. La définition de l’air normal me fait bien rire.
    Un merci à Marie pour le message de la semaine dernière.
    A Danièle: moi aussi je suis plus attentive.

  22. Redigé par Brigitte:

    Bonsoir Béa
    Dans l’ensemble,tout-à-fait d’accord avec vous,mais il me semble qu’il y a 20 ou 30 ans ,on pouvait s’appuyer sur des personnalités tels que les pères Stan Rougier,Philippe Maillard, Guy-Marie Riobé et d’autres.
    Leurs homélies,leurs écrits parlaient aux hommes réellement du message évangélique et du mystère de Dieu venu à la rencontre de ses créatures.On n’entend plus beaucoup ces voix;on préfère un catéchisme structuré nécessaire sans doute mais pas suffisant à mon sens.
    Brigitte

  23. Redigé par Béa:

    Bonjour Brigitte,
    Je précise au cas où ce ne serait pas clair que je ne joue pas l’Eglise d’hier contre celle d’aujourd’hui. Son histoire est jalonnée de personnes extraordinaires qui ont vécu le message évangélique de tout leur être, de toute leur âme.
    Il y a peut-être moins d’écrits qui s’appuient sur les textes, je ne sais pas, je ne m’en rends pas bien compte. Ils sont ,je crois, d’un nouveau genre. Beaucoup ( j’en découvre toutes les semaines en ce moment) parlent du message évangélique en passant par une autre voie que le commentaire de la Parole ou l’Homélie.
    Ni prêtres ni religieux, ces personnes , entrepreneurs, scientifiques, journalistes ou responsables de grands groupes industriels, mettent la Parole de Dieu au coeur de leur vie professionnelle dans des milieux souvent éloignés des valeurs évangéliques.
    Comme Thierry, ces personnes ont eu un jour la révélation de l’amour de Jésus pour eux, ils ont vécu une rencontre intime avec Lui. Leur expérience personnelle parle aussi aux hommes du mystère de Dieu.

    D’accord avec vous pour le catéchisme. Il dépend beaucoup des personnes qui le font, il me semble.

    Bonne journée!
    Amicalement,

    Béatrice

  24. Redigé par FRANCOISJEAN:

    Bonjour à tous,

    Il ne viendrait à l’idée de personne de considérer d’un côté la parole (ou l’écrit) de Thierry et de l’autre le corps de Thierry ?
    Pourtant, c’est ce que nous faisons continuellement avec Dieu ou avec son Humanité :Jésus.

    Je me permets de relever une de vos phrases : « ….l’Eglise est pour moi un jeune club qui possède deux trésors inoxydables, la parole de Dieu (une parole vivante, révolutionnaire, émouvante, parfois scandaleuse), et ceux qui composent cette Eglise, à savoir les chrétiens lambdas…. ».

    L’Eglise ( qui va très au-delà de l’église institution) est pourvue d’un Corps, composés de chacun d’entre nous et d’une Parole incarnée en Jésus depuis « le commencement ».Au sein de ce Corps, nous avons à devenir Parole, nous avons à être Christ les uns pour les autres : Comment ? Vous l’exprimez très bien dans votre message…J’avais faim…..j’avais soif de connaître Jésus, et vous m’en avez parlé….mais ce peut être aussi…vous aviez besoin de vous déplacer, et j’ai conduit ce TGV…vous aviez besoin de manger, et j’ai planté du blé….vous aviez besoin d’amour, et je vous ai aimé…vous aviez besoin de parler, et je vous ai écouté, et je vous ai entendu….….

    La Parole de Jésus reste « étonnement intact » parce que c’est Celle d’un Ressuscité éternellement Présent à tous et à chacun depuis l’aube des temps jusqu’à leur fin si elle existe…Notre vie n’est pas de L’écouter ou de Le suivre passivement mais de devenir nous même Parole éternelle, Royaume de Dieu. C’est, me semble-t-il, cela faire fructifier les talents que Dieu a mis en nous.

    Il est souhaitable d’aller jusqu’au bout de ce que l’on annonce pour être crédible à notre époque…cad, me semble-t-il, nous le serons lorsque nous serons passionnément persuadés que Jésus est aussi présent en chacun d’entre nous qu’Il l’est au cœur de l’Hostie….cad qu’après avoir obtenu le pardon de celui de nos frères qui a quelque chose contre l’un d’entre nous, nous nous rassemblions à la messe et que nous soyons présenté à Dieu, par Lui, avec lui et en Lui au moment de la consécration, et que nous Le recevions à la communion dans la grande respiration d’amour de l’Esprit.

    Vous avez raison : « … L’Eglise, c’est nous, maintenant, tout de suite.. ».

    Amitiés

    FRANCOISJEAN

  25. Redigé par Michaella:

    Bonsoir Monsieur BIZET,
    Lectrice de votre blog depuis plusieurs mois, c’est seulement ce soir que je me permets quelques mots, juste pour vous dire merci. Merci pour cette bouffée de bonheur pur que je ressents à la façon dont vous transcrivez votre rapport à Jésus, simple, naturel. Vous savez, de ce bonheur que seul notre Seigneur peut insuffler… Vos témoignages me révèlent à chaque fois que je ne suis pas seule avec ma foi et , surtout, que j’ai raison de la crier bien fort sur les toits comme vous le faites aussi. Car, vous avez raison, l’Eglise, c’est nous !
    Amicalement.

    Michaella

  26. Redigé par Marie Richard:

    Bonjour à tous !

    Thierry, brave Thierry, merci encore…

    Sommes-nous encore dans les catacombes ou si nous avons reçu quelques lumières ?

    Depuis que j’ai lu « premiers chrétiens» je suis dans le silence de Jésus. Il n’a plus parlé après sa condamnation jusqu’à ce qu’Il soit sur la croix.
    Puis je me demande s’Il est mort seulement pour nous sauver? Mais nous ne sommes pas sauvés ! Nous pourrions nous aussi écrire un ancien testament, tout aussi effrayant que celui que nous connaissons !
    Puis comment considérer Dieu qui sacrifie son Fils dans le sang ?
    Je cherche une autre raison à sa mort. En faisant une session en théologie, à l’Université de Montréal, François Varonne nous donne à réfléchir. Il dit apparamment:« Jésus n’est pas mort pour nos péchés, du fait d’une exigence formelle de Dieu; Jésus est mort à cause de son combat prophétique mené jusqu’au bout. Jésus meurt donc pour avoir refusé, jusqu’au bout, tout messianisme de puissance, tous les mensonges appelés richesse, pouvoir et succès, chargés de cacher à l’homme sa fragilité et de lui faire croire à la réalisation possible par lui-même, de son désir illimité. Mais Jésus est refus pour pouvoir être vie et révélation. Jésus meurt donc pour avoir vécu jusqu’au bout la vérité de l’homme et de Dieu : à savoir que l’homme est un désir fragile mais qu’il peut s’ancrer en Dieu qui l’engendre sans cesse et un jour définitivement.»

    JÉsus se place ainsi dans une situation d’infériorité, donc de vulnérabilité.
    Mais Il entraine les foules et sa pratique va susciter très vite l’hostilité croissante des gérants du pouvoir religieux. Il révèle un Dieu de miséricorde, de pardon. Un Dieu différent.

    « La Croix n’est donc pas le lieu du râle enfin jeté vers Dieu pour le satisfaire. La Croix est au contraire le lieu de la parole où s’achève et culmine la pratique de la vérité: « Père entre tes mains je remets mon souffle. »
    Oui, la Croix est le symbole chrétien, symbole de la différence introduite par Jésus dans l’histoire mais absolument sanctionnée comme juste et victorieuse par la Résurrection.

    Je m’excuse si je vous ennuie. (il ya un panier ) mais mon rêve le plus fou est de marcher près de Jésus, de l’écouter, de le suivre, de le regarder mais avec ce que je sais un peu de Lui, aujourd’hui, par la parole de ses disciples, eux qui ne l’on pas compris pendant qu’ils le cotoyaient, par la vie des mystiques, des simples, des enfants…
    Je veux le connaître de plus en plus car je sais qu’Il est présent en chacun de nous et qu’Il est une personne. Quand même, qu’est-ce que l’on entend par la divinité lorsqu’on parle de la divinité de Jésus ?

    Et qu’est-ce qui va arriver à Dieu aujourd’hui ? Qu’arrive-t-il à Dieu à travers moi? Que lui arrive-t-il ? A-t-il été reçu? A-t-il été reconnu ? A-t-il été aimé? (Zundel): « Son règne ne peut arriver qu’à travers nous. Et voilà son champ d’action: l’univers est mis entre nos mains pour devenir l’ostensoir de Dieu.
    Jésus -Dieu est fragile, précieux, désarmé. Seulement rempli d’amour, de don, de pardon, c’est la désappropriation totale. Et nous que faisons-nous ?

    Comme c’est grand tout ça ! Trop grandiose pour moi, il me semble.

    Il me vient deux faits à l’esprit. Vous savez, quand nous serrons silencieusement dans nos bras une personne qui vit un drame, une perte importante et que cette personne souffle à notre oreille : «Ca va passer»
    J’ai l’impression d’entendre Dieu qui déjà appréhende, même dans le malheur, la petite espérance.

    Puis, un jour, je travaillais aux soins intensifs. J’avais à prendre soin d’un père gravement blessé dans un accident de voiture. Sa femme est morte dans l’accident. Une de ses filles, 9 ans, blessée gravement à une jambe, hospitalisée en pédiatrie et l’autre avec des égratignures seulement. Extubé, il se remet lentement et j’aborde la mort de sa femme. Difficile pour lui d’en parler. Il pleure. Je lui demande si je peux l’annoncer à sa fille car ce sont des européens et les grand parents arrivent demain. On ne peut continuer de dire à sa fille que sa mère est hospitalisée avec son père… Il veut lui apprendre lui-même. J’amène sa fille en chaise roulante près de lui et je les laisse seuls.

    Après quelque temps, je retourne la chercher. Je les surveille de loin. Je n’ai vu aucune larmes et peu de paroles. En retournant en pédiatrie, j’arrête dans une petite salle afin de parler à la petite fille. Je lui demande si son père lui a dit quelque chose ? : « Oui, il m’a dit que maman était partie mais où est-elle partie ? » Je suis bien obligée de lui dire que sa maman est morte. Papa n’a pu expliquer. La peine arrive enfin.
    Mais quand je retourne près du père, il me dit tout triste : Dire que dans quelques mois, quelques années, la vie va continuer et nous nous souviendrons à peine de la douleur.»
    Je n’ai jamais oublié car encore une fois, une consolation divine, intérieure se présentait à lui. Du moins c’est ce que je crois?

    Pardon pour la longueur. C’est votre faute et à celle de Thierry. Vous me tenez éveillée.Puis, s’il se montrait à moi aussi quand je parle de lui…
    Continue ta mission Thierry car toute grâce comporte une mission.
    Que le Seigneur nous éclaire afin que nous le portions toujours avec nous.
    Marie

  27. Redigé par Marie Richard:

    Référence: Varone ne prend qu’un «n»
    «Ce Dieu censé aimer la souffrance» François Varone
    Les Éditions du Cerf

  28. Redigé par Hombeline:

    « Fais pas ci, fais pas ca » domine le foot. C’est le courrier qui relate : Mercredi soir, les 2 derniers épisodes de la saison 4 de « Fais pas ci, fais pas ca » ont battu le match de foot de TF1.

    Très vivant, moderne, bien interprété avec des artistes super !…

    Continuez Thierry à donner votre témoignage, le monde a soif de Dieu et de spiritualité et vous, çà vous fait des breaks dans votre vie professionnelle bien mouvementée. J’espère que la tempête s’est apaisée, que Jésus a levé la main et ordonné au vent de se calmer !

    J’aime bien le long discours de Marie Richard. La mort de Jésus sur la croix demeure pour moi un mystère. Avant sa passion, dans sa grande prière, il dit à son Père  » Rends moi la gloire que j’avais auprès de toi avant la création du monde » !……

    Bon week-end à Thierry et à vous tous

  29. Redigé par laurence:

    « La Croix n’est donc pas le lieu du râle enfin jeté vers Dieu pour le satisfaire. La Croix est au contraire le lieu de la parole où s’achève et culmine la pratique de la vérité: « Père entre tes mains je remets mon souffle. »
    Merci Marie pour ce long témoignage.
    Le symbole de la Croix m’a longtemps dérangé, je ne comprenais pas pourquoi c’était le signe de son martyre que l’on avait choisi, je trouvais cela morbide. Mais cette petite phrase vient conforter ce que j’ai commencé à comprendre au fil des années, elle exprime mieux que je ne le ferai moi-même ce que je ressentais confusément. Cette Croix n’est pas la fin (même si elle est la fin de ce que nous connaissons) mais le début de ce que nous espérons.
    Elle n’est pas symbole motifère mais symbole d’espoir.
    Laissons nous guider pour devenir « l’ostensoir de Dieu » de Maurice ZUNDEL dont parle Marie. Même si nous pensons les uns et les autres (et souvent Thierry!) que nous n’en sommes pas dignes, car ce n’est pas à nous d’en juger. « Dis seulement une parole et je serais guéri… »

  30. Redigé par Marianne:

    Thierry, j’ai l’impression que vous confondez nouveau et premier ! nous sommes nouveaux à notre naissance (ou par notre baptême) comme tout un chacun mais nous sommes les derniers nés !

    Quant au Christ, il est aux côtés du Père depuis le début : il est venuu parmi les hommes il y a environ 2015 ans mais était là avant, tout comme il est là après.

    Amitiés :-)

  31. Redigé par françoise:

    Bonsoir,
    je me garderai bien de répondre à la place de Thierry, mais de mon point de vue , je trouve l’expression: « premiers chrétiens » plutôt bien choisie et tout à fait appropriée. Par son caractère imagé elle nous plonge dans l’actualité de notre vie aujourd’hui . Tout commence!

  32. Redigé par L&A:

    « Jésus meurt donc pour avoir refusé, jusqu’au bout, tout messianisme de puissance, tous les mensonges appelés richesse, pouvoir et succès, chargés de cacher à l’homme sa fragilité et de lui faire croire à la réalisation possible par lui-même, de son désir illimité. Mais Jésus est refus pour pouvoir être vie et révélation. Jésus meurt donc pour avoir vécu jusqu’au bout la vérité de l’homme et de Dieu : à savoir que l’homme est un désir fragile mais qu’il peut s’ancrer en Dieu qui l’engendre sans cesse et un jour définitivement.»

    C’est le Jésus que j’aime. Merci, Marie !

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