la beauté du mystère

Lors d’une conférence sur le réanchantement du monde, Frédéric Lenoir expliquait comment, depuis près de sept mille ans, depuis qu’il est devenu sédentaire, a maîtrisé la nature à son profit, et s’est définitivement placé comme un être supérieur à tous les autres, l’être humain a adopté une vision essentiellement rationnelle du monde.

Avant, quand il était encore nomade, qu’il devait chasser pour se nourrir, attendre l’été pour manger des fruits, l’Homme se considérait comme faisant partie de la nature, à égalité avec les autres éléments et habitants de cette planète. Cet être intelligent était déjà rationnel, et il utilisait sa logique pour chasser, se vêtir, se protéger. Mais pour lui le monde était alors enchanté, car il en acceptait, il en accueillait tous les mystères, sans les comprendre (puisque ce sont des mystères) et sans les contester : la beauté du jour qui se lève, l’arrivée d’un nouvel être humain tout juste sorti d’un ventre, l’élégance du galop d’une biche, l’émerveillement que provoque le printemps, avec ses dons à profusion et ses transformations spectaculaires, le sentiment d’appartenance à cette terre lorsequ’on y respire la brise du matin, ou qu’on se fait brusquement caresser le visage par une rafale de vent, ou qu’on laisse glisser les grosses gouttes d’eau tiède du premier orage sur sa peau… On pourrait énumérer encore longtemps ces bienfaits mystérieux qui nous sont donnés et ne nous étonnent plus.

Depuis que nous privilégions notre rationnel, nous bénéficions toujours de ces mystères qui se reproduisent sous nos yeux chaque jour, mais nous ne les voyons plus. Nous passons la plupart de notre journée dans notre cerveau gauche, celui de la logique, des chiffres, des résultats, de la vision purement scientifique, n’acceptant que ce qui est observé et reproduisible.

Nous semblons souffrir beaucoup de ce désenchantement collectif ; certains se réfugient dans une nostalgie fantasmée, pour eux le monde était « mieux avant ». D’autres blâment la mondialisation, la finance, les médias qui écrasent tout et nous plongent dans un monde sans poésie.

Jésus intéresse beaucoup de personnes désenchantées, car il représente à tout le moins un idéal dans ce monde gris et froid. Mais beaucoup, tout en appréciant sa parole, s’arrêtent aux portes du mystère ; « oui Jésus a porté un magnifique message, oui c’est un grand philosophe, un grand humaniste… mais les miracles par exemple ? Non. Trop, c’est trop. On ne peut pas gober ça. Les miracles, c’est de la légende pour magnifier le tout… »

On ne peut que respecter cette position rationnelle, qui atteste d’un esprit sain.

Mais il n’est pas difficile de croire aux miracles, de se laisser émerveiller, enchanter par eux.

Il faut accepter pour cela de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre, de ne pas tout maîtriser.

Il faut accepter de ne pas regarder un beau coucher de soleil comme s’il nous appartenait, et que nous l’avions produit nous-mêmes, mais de se laisser regarder par lui.

Il faut accepter l’enfant qui naît de notre chair comme un enfant qui a choisi de naître ici, un enfant qu’on croit reconnaître car il a le nez de la tante ou du grand-père, mais un enfant dont on ne sait… rien.

Il faut accepter de ne pas croire en Dieu, mais de se laisser croire par Lui.

Ainsi la vie devient beaucoup plus intéressante.

28/04/2012

25 commentaires

  1. Redigé par Philippe:

    Super! Merci pour cet éclairage qui aide à aborder les choses différemment.

  2. Redigé par L.N:

    Merci à notre soeur l’aube , qui chaque matin nous offre notre soeur la lumière et notre frère le rossignol, merci à notre frère le chemin qui nous conduit à notre travail , qui nous conduit vers nos frères , merci à notre soeur l’eau qui hydrate notre « bourricot » comme appelait son frère Corps , Saint François, merci à nos frères les moutons , les veaux , pour leur chair tendre et merci à notre soeur la vache pour son bon lait , merci à ma soeur la liberté que Jésus m’a donnée , elle me donne la joie , la paix et l’Amour
    L’emerveillement est bien le signe d’une vie éternelle en Dieu , moi je n’ai que 4 ans car avant je ne savais pas dire merci , depuis que le Bon Dieu a réveillé mes sens , chaque jour m’apporte la joie , mais pour que cette joie soit parfait , il me faut tout accepter .
    Comme Sainte Thérèse « je choisis tout »
    Je vous souhaite une belle et sainte semaine

  3. Redigé par Eduardo:

    Comme disait déjà les Peres de l’église (il y a bien longtemps). Le réanchantement du monde et l’Eucharistie sont un seul et même mouvement. L’eucharistie que veut dire (encore aujourd’hui par les grecs) un simple merci!
    Mais cette eucharistie de Jesus est quelque chose de spécial en soit. C’est un merci tellement grand qui importe sur la croix (qui est la souffrance) mais aussi la mort. Cette eucharistie est un merci à l’Amour que vient de Dieu et qui est Dieu.
    C’est par ce que il y a cette Eucharistie que nous pouvons devenir aussi eucharistie (et par la former l’église). Mais c’est aussi par cette Eglise que nous pouvons connaître cette eucharistie.
    Car c’est par ces hommes touchés par l’eucharistie (de toute religion) la qui le monde trouve tout son enchantement. C’est-à-dire sa saveur et sa lumière (« vous êtes le sel … et la lumière du monde »).

  4. Redigé par emylia92:

    Cher Thierry. Il y a quelques semaines, je ne vous connaissais pas. C’est parce que je me suis allée trainer ma curiosité sur le site web de NDWeb où je dépose parfois quelques prières, que j’ai appris l’existence de votre blog. J’y ai lu vos derniers articles qui m’ont tellement intéressée que j’ai acheté votre livre « catholique anonyme ».

    J’ai à peu près le même âge que vous et je pense que je suis en train de vivre une expérience similaire. Je ressens exactement les mêmes symptômes que vous, c’est à dire un déferlement de bonheur et de bien-être permanent. Je n’avais jamais connu cela dans le passé. Jamais je n’aurais pu m’imaginer que ça pourrait m’arriver un jour. J’éprouve aujourd’hui beaucoup de bienveillance et de tendresse par rapport à mon entourage (mon prochain comme on dit). Je mesure l’immense chance de partager ma vie avec mon mari chéri et mes enfants adorés. Je me demande si je ne suis pas en train de rêver, si je ne suis pas en train de me faire des autosuggestions. Je suis toujours dans la situation de me demander si ce que je vis est bien réel. Suis-je en train de vivre une conversion ? Pas plus que vous, la religion n’avait eu d’importance dans ma vie antérieure. Mes parents n’avaient jamais été croyants. J’étais juste allée au catéchisme pendant quatre ans, du CE2 à la 6eme. Puis tout s’était arrêté. Mon mariage religieux, les baptêmes de mes deux garçons n’avaient rien changé.

    Nos contextes de vie au cours desquels de telles choses arrivent sont pourtant totalement différents. Vous avez été attiré par une catéchèse. Moi, j’ai connu une double expérience traumatique. Une très douloureuse expérience qui mêle Mort, Amour et Maladie mortelle ; une expérience qui pose les seules questions qui importent vraiment dans toute une vie. C’est en essayant de surmonter les effets du deuxième traumatisme que tout a commencé pour moi. Il y a une peur indicible qui s’est peu à peu dissipée. Peut être que précisément c’est la peur de la mort qui s’est estompée.

    J’ai voulu tout changer dans ma vie, me recentrer sur ce qui est essentiel et évacuer ce qui est futile. Il n’est jamais trop tard de réaliser cela dans une vie. J’ai même l’impression d’avoir vraiment appris à vivre. Je suis devenue une passionnée de la vie. Je me suis même ouverte à autrui.
    Que s’est t’il passé ? Pas de conférences, ni de cours ni de discussions. J’ai dévoré seule, des livres de philosophie (de la vie, de christianisme), de psychologie puis ce qu’on appelle spiritualité sur la vie et la mort, puis enfin, je me suis tournée vers les Évangiles, les Épitres (et l’Ecclésiaste). Pourquoi je choisissais ces livres, la séquence de leur lecture, je ne peux me l’expliquer ou du moins m’en attribuer à moi seule cet excellent choix. Je n’avais rien lu de tel dans mon passé. Alors que les mots et les paroles nourrissaient mon intériorité, je me sentais grandir à l’intérieur. Puis, comme par miracle, suis mise à écrire, moi qui peinais tant à rédiger la moindre lettre auparavant. Mon inspiration n’était pas guidée par mon intellect ou ma raison mais par la profondeur de mes affects et de mes émotions. Les mots, les phrases coulent maintenant comme d’une source. Comment ne pas faire de rapprochement entre le Livre (La Bible) et ma soif de lectures, entre les Écritures et mon désir d’écriture. Le sens de ma vie se dévoile à la lumière de ces textes mystérieux, plus de deux fois millénaires.
    Il y a cette incroyable pêche que je ressens tous les jours. N’est-ce pas ce que l’on désigne par la Grâce ou l’Esprit Saint. Alors cela existe vraiment ?

    Avant, je ne savais pas du tout ce que pouvait être la Foi. C’était un concept très abstrait. Aujourd’hui je comprends que c’est avant tout une expérience de vie, de joie très intense et ce n’est nullement un concept comme on peut en définir en philosophie. La Foi s’éprouve. Elle ne s’acquiert pas au terme d’une formation comme on obtiendrait un diplôme. Ce qui peut se préparer, c’est une disposition de l’âme. Mais cette disposition, nous ne l’avons pas forcément à tous les moments de notre vie.

    L’Espérance m’a tirée de ma paresse et je suis retournée à la messe le dimanche. Je me suis aperçue que tout ce qui s’y disait et faisait m’intéressait vivement, même si cela peut sembler répétitif. J’ai l’impression que plus on parle de la mort du Christ, de sa résurrection, plus j’arriverai à résister aux moments difficiles qui se reproduiront inexorablement. L’Eucharistie est le symbole essentiel de la nécessité de purification (anti-pollution) intérieure. Pour prolonger le plaisir, le partager, profitant de mes gouts de mélomane, j’ai décidé de rejoindre le chœur de ma paroisse.

    Un jour, j’ai voulu reconnaître formellement qu’il s’était vraiment passé quelque-chose dans ma vie, que je ne me croyais pas sujette à une illusion suggestive. J’avais vraiment ressenti les effets du Saint Esprit. Je pense qu’il y a une présence qui me guide favorablement. J’ai décidé de demander le sacrement des malades. (Si je n’avais pas été baptisée, j’aurais demandé le baptême.) Je voulais prendre à témoin la communauté des pratiquants de ma paroisse, de mon retour vers la Foi, de engagement formel de retour à Dieu et Jésus.

    Je crois aujourd’hui, que j’ai enfin vraiment décidé de vivre et de me débarrasser définitivement du carcan du conformisme dans lequel se complait notre société mercantile et matérialiste.

    J’ai laissé les choses se faire, j’ai accepté de ne rien comprendre, de ne rien maitriser et d’aller de l’avant sans savoir où j’allais aboutir.

    PS Sur la beauté, le mystère et le réenchantement, je conseille le livre
    de Bertrand Vergely sur le Retour à l’Emerveillement.
    Il donne la pêche !

  5. Redigé par Gaulin:

    Merci Thierry pour cette invitation au ré-enchantement.
    Je reviens d’un voyage en Tanzanie et c’est exactement ce que j’y ai ressenti: là-bas l’Homme ne maîtrise rien, il est partie de la nature; là-bas on peut mesurer la divine beauté de notre terre et son mystère; on est ré-enchanté par les animaux, les arbres, les fleurs, les peuples Masai et leur rythme de vie ancestral. Là-bas on se laisse émerveiller.
    Alors une fois revenue en ville je garde certes encore ces images en tête mais c’est surtout le désir de ré-enchantement au coeur de la ville que je vais essayer de trouver, pour m’émerveiller de ce qui fait ma vie, La vie, laisser le mystère, Dieu me pénétrer, me laisser toucher au coeur par Lui.

  6. Redigé par Marie:

    L’esprit d’émerveillement…
    Merci pour ce beau sujet de méditation qui nous donne la joie de retrouver Thierry et tous les blogeurs de ce site.

    Dieu n’est-il pas le premier à s’être émerveillé le septième jour de sa création ! ce jour-là Il s’est arrêter pour contempler ce qu’Il avait fait.

    Comme Emylia, après un long désert, je reviens au jardin où la Source d’émerveillement coule en abondance. Une autre histoire mais, pour moi aussi, une vraie rencontre avec Dieu où Il s’est manifesté à travers un prêtre.

    Ce fameux curé nous entraînait à demander la grâce d’émerveillement lorsque nous marchions derrière lui sur les chemins de campagne. Ensemble nous cherchions à prendre de la hauteur (dans tous les sens du terme) et nous nous arrêtions sur un point culminant de notre région pour contempler l’œuvre de Dieu… des temps de grâces dans une simplicité absolue.

    Je pense aussi à ce petit bijou de poésie que nous avait justement conseillé ce prêtre : « Jade et les sacrés mystères de la vie » de François GARAGNON. Je le recommande à tous ceux qui cherchent à regarder le monde avec des yeux d’enfants. Deux extraits de ce tout petit livre :

    Un sacré mystère
    J’arrivais pas à comprendre pourquoi Dieu qui était soi-disant partout, on le voyait nulle part. Or un jour, je me suis réveillée tout ensoleillée de bonheur. Ça m’arrive des jours, je sais pas pourquoi, j’ai tellement de ciel bleu à l’intérieur de moi que j’ai l’impression d’avoir mangé de l’infini. Ça te fait mousser le cœur, ça te monte à la tête, et tu te sens pétiller.

    Et pour Gaulin qui revient de Tanzanie :

    Les paysages intérieurs
    Un jour, je me promenais sous un p’tit nuage gris foncé. C’était drôle, parce que j’avais l’impression qu’il me suivait, comme un cerf-volant, comme s’il était relié à moi par un fil invisible. Au bout d’un moment, naturellement, il s’est créé une certaine complicité entre nous, de sorte que ce nuage gris foncé, j’ai fini par le trouver beau et par l’aimer. On les voit autrement, les choses, quand on découvre leur beauté. C’est alors que je me suis aperçu qu’un côté du nuage gris foncé, le côté tourné vers le haut, était toujours illuminé par le soleil. Il pleut dessous, mais là haut, c’est toujours le grand beau.

  7. Redigé par Brigitte:

    Bonjour Thierry, bonjour à tous

    Rouvrir les yeux avec un regard neuf sur le mystère de la création, sur le mystère de la vie, sur le Mystère, voila ce que proposent les lignes de ce samedi.Ce qui me donnent envie de faire rêver davantage les jeunes de 12-15 ans à qui j’enseigne les sciences physiques.Sans cesse les pousser à l’étonnement,à l’émerveillement et même à les déstabiliser gentiment lorsque je leur parle de cette voute céleste peuplée de ces milliards d’étoiles en réalité plus volumineuse que notre soleil,étoiles situées à des année-lumières de notre planète terre ce qui me et leur donne le vertige lorsqu’on découvre les profondeurs de de l’univers,ouverture vers l’inconnu.Mystère de cet infiniment grand et même de cet infiniment petit lorsqu’on observe cette flamme de cierge, lieu de réactions chimiques ou molécules se détruisent et se construisent selon un ordre bien établi. Est-ce la connaissance qui gomme le mystère? Je ne le pense pas.Nos ancêtres , perplexes sans doute en observant les phases de la lune ou un arc-en ciel(que je fais descendre dans ma salle de classe avec une source de lumière et un prisme sous le regard éblouis des élèves) observaient avec le même plaisir que nous mêmes.Connaître les raisons de la couleur bleue ou rouge du ciel n’enlèvent pas grand-chose à notre ravissement.Pourquoi toute cette faune et flore colorée sont-elles là? pour notre bien être,que serait un univers en noir et blanc? Les scientifiques aussi peuvent se laisser imprégnés par le mystère;Einstein a dit: »L’émotion la plus belle et la plus profonde que nous puissions connaître est l’impression mystique. L’expérience religieuse cosmique est la plus puissante et la plus noble cheville ouvrière de la recherche scientifique. »
    Que dire des progrès en matière d’échographie qui me permettent déjà de savoir que ma future petite fille aura un menton pointu comme son arrière-arrière grand-mère,dommage de l’accueillir avec cette étiquette;(sans renier les avancées qui permettent une meilleure prise en charge des pathologies)C’est toujours mystérieux l’apparition d’un nouvel être.
    Pour nous chrétiens ,il reste toujours ce mystère de l’incarnation;je suis tombée il y a quelques semaines par hasard sur des écrits de Benoit 16 qui expliquaient que Dieu était venu visiter son peuple en dehors des lois mathématiques et de la physique,expliquant ainsi la virginité de Marie,mystère pour notre esprit logique,mais que j’accepte pas trop difficilement. Il y a quelques jours en pénétrant dans cette église de Locronan, pourtant bien familière,je n’ai jamais autant ressenti la beauté de ce mystère chrétien à la vue de toutes ces statues en bois, figées,chacune à sa place dans des postures pleines de grâce.
    Merci aux artistes,écrivains , poètes ou philosophes qui ont les outils pour nous enchanter et rendre la vie moins grise.
    Merci à vous Thierry de nous inciter non plus seulement à contempler, mais à se laisser accueillir par toute la beauté du mystère monde,à ceci près qu’il subsiste les erreurs de la nature, c’est tout le mystère du mal.
    Brigitte

  8. Redigé par laurence:

    Superbe thème…
    Merci Brigitte pour votre texte qui me récomcilierait presque avec les sciences! Mais j’ai eu des professeurs peut-être pas moins passionnés que vous mais sûrement moins passionnants!…
    Cet émerveillement, ce ré-enchatement, ce sentiment de gratitude, ce trop-plein d’émotions positives, peu importe le nom qu’on lui donne, est effectivement un des dons de la foi. Quand j’avais perdu celle-ci, j’ai l’impression que j’avais également perdu celui-là.
    Et maintenant que je les ai « retrouvés », j’essaye, comme chacun d’entre vous, de les savourer et de les transmettre.
    Suite à ma « leçon de caté » de la semaine dernière, je voulais juste vous faire partager une réflexion de mon fils de 9 ans. Il était malheureux parce qu’il sétait mal comporté et semblait inconsolable. En désespoir de cause, après l’avoir assuré de mon pardon, je lui dis « Tu te souviens ce que l’on a vu au KT? Tu peux confier à Jésus tout ce qui est insuffisant, ébréché ou moche dans ta vie? Alors donne-lui cette attitude « moche »… »
    Et je sors de sa chambre espérant avoir atténué son chagrin d’enfant. Dix minutes après il me rappelle. « Maman, je crois que Jésus il est écolo! ». Petit moment de perplexité de mon côté… »C’est-à-dire? »
    « Et bien il recycle » me dit mon fils tout fier de sa trouvaille. » Tu lui confie des choses moches et il en fait du bonheur! »
    Je vous le disais, ne jamais sous-estimer les enfants!
    Et je me suis couchée émerveillée…d’avoir mis au monde un si grand « philosophe »! Je plaisante bien sûr, mais j’ai ressenti une bouffée de gratitude pour tous ces « chercheurs de Dieu », petits ou grands.
    Belle semaine à tous.

  9. Redigé par Béa:

    L’émerveillement c’est le secret de la vie. Je crois pouvoir dire que j’ai la chance de l’avoir reçu de mes parents et grand-parents.
    J’ai des parents de 89 et 84 ans sur qui la vieillesse n’a pas de prise; ils ne sont blasés de rien et posent un regard neuf sur chaque journée.(Ils ont lu catholique anonyme récemment et ont bcp aimé!)
    A la maison, nous nous appelons les uns les autres pour un beau coucher de soleil, des coquelicots apparus sur le talus, les pivoines si éphémères qui ont fleuri, le chat roulé en boule parfaite; ça me rend heureuse de me dire que mes enfants ont au moins cela en eux, les yeux ouverts sur les petits bonheurs de la vie.
    Oh oui, beauté du mystère! Quelle profondeur ça donne à l’existence!
    Les épreuves m’ont enlevé mon insouciance mais pas l’émerveillement devant la création, au contraire c’est ce regard-là qui m’a aidée.
    Mettre des enfants au monde a été pour moi un sujet d’émerveillement, et ça l’est encore. Etonnement d’avoir été un maillon dans la création.
    Le côté gauche du cerveau, ces trois mots ont une résonance particulière en moi parce que j’ai une fragilité de ce côté-là qui n’aura pas été sans incidence sur ma vie. Que ce soit associé à une réflexion sur l’émerveillement qui est chez moi presque une marotte, m’intrigue: ceci aurait-il entrainé cela?

    Tant de choses nous dépassent que les miracles ne me semblent pas quelque chose de particulièrement incroyable.Nous ne doutons pas de l’univers dans lequel nous vivons et nous en comprenons si peu; quelle intelligence peut concevoir l’infini?
    Et surtout les miracles ne sont pas, me semble-t-il, un acte de foi. Je ne pense pas que la question soit de savoir si on « croit » aux miracles. Ils font partie de l’Evangile et à ce titre on peut se poser la question de leur interprétation. Quel rôle jouent-ils dans la Bonne Nouvelle? Quel part leur donner?
    Personnellement je distingue les miracles du type marche sur l’eau, noces de cana, multiplication des pains, de la guérison des malades et de la résurrection de Lazare.
    Le dernier fait partie de la foi en Jésus, la guérison des malades est une chose extraordinaire mais ce n’est pas non plus de l’ordre du prodige; le reste à mon avis s’interprète, est de l’ordre du symbole.
    C’est peut-être aussi le cas de la virginité de Marie. Peu importe ça ne me gêne absolument pas de l’accepter, mais ce n’est pas non plus lié coûte que coûte à ma foi.
    Je crois que ça aiderait les sceptiques d’arrêter de présenter les Evangiles comme étant à prendre au pied de la lettre.

    Emylia, elle est bien présente votre pêche dans votre récit!
    Ce qui me frappe chez vous comme chez Thierry, c’est que votre formidable témoignage précède la foi elle-même. Comme Thierry dans son livre vous n’êtes pas bien sûr du nom qu’il faut mettre sur cet état de joie intérieure, ce regard renouvelé sur la création. Dieu est à l’oeuvre en vous à votre insu, vous êtes complètement dans « se laisser croire, se laisser apprivoiser ».
    Tant de fervents croyants n’éprouvent pas les « symptômes » de la foi. Vous, au contraire, ce sont eux qui vous mettent sur le chemin.

    C’est beau ces signes de Jésus vivant…
    Merci pour les beaux messages qui précèdent

    Béatrice

  10. Redigé par Marianne:

    Bonjour,

    Quelqu’un peut-il me dire comment parvenir à ce blog depuis le nouveau site de croire.com (idem pour les forums) ?

    Rien sur sa home-page…

    Merci !

    :-)

  11. Redigé par Hombeline:

    Bonjour Thierry,

    Extrait de « Jouchka et les instants d’éternité » écrit aussi par François Garagnon. C’est une merveille, un bijou !….. Quelques extraits :

    • Chante. Chante comme un oiseau, sans raison, pour ouvrir ton ciel.

    • Souris à quelqu’un de très triste pour commencer à submerger le monde de tendresse.

    • Dans le silence du soir, prends le temps d’inspiration profonde, tourne tes yeux vers les étoiles, garde sacrées les beautés de ton for intérieur, et attends patiemment la bénédiction de la brise.

    Oui nous avons perdu la capacité de nous émerveiller. Mais à certains moments, nous apercevons davantage ce qui est triste, médiocre, laid….

    J’aime beaucoup le récit de « Emylia 92″. C’est évident que le Christ vous a comblé de ses grâces..; c’est très enrichissant pour nous de partager votre vécu.
    Amitiés à Thierry et à tous.

  12. Redigé par Brigitte:

    Laurence, je trouve votre manière de parler du sacrement de réconciliation très émouvante, exprimant cet amour inconditionnel de Jésus pour nous.Vos comparaisons doivent remuer profondément l’âme de chacun de ces enfants comme elles remuent la mienne.
    Brigitte

  13. Redigé par jasmin:

    cher thierry merci de ce nouveau message qui m interpelle plus au niveau du mystere pour moi le plus grand mystere de dieu c est que je sois aimee de lui gratuitement sans rien faire de special il m aime comme il aime tous mes freres et soeurs pareillement il est notre pere il est l amour nous sommes ses enfants nous sommes aimes par l amour qui nous aime immensement pour moi c est merveilleux qu il m aime ainsi et pourtant cela reste un
    mystere il m aime il m a pense dans le christ avant que le temps ne soit il m a aime des le ventre de ma mere mon nom est inscrit dans la paume de ses mains je compte pour lui j ai du prix a ses yeux il m a faite pour lui pour rejouir son coeur de pere il voulait que je me promene avec lui a la brise du soir dans ce jardin qu il a cree de toute beaute pour nous en remplir les yeux et le coeur pour que je le loue que je lui rende grace comme seul a su le faire mon frere francois dans sa folie d amour pour lui je me suis perdue en route jesus m a retrouvee et remise sur le chemin par le don fou de son amour pour notre pere et son amour pour moi l amour m aime je suis aimee del amour je respire l amour j accueille l air que je respire c est son amour qui me le donne il me cree sans cesse il me donne la vie sans cesse il m anime sans cesse je recois tout de lui comme un petit enfant attend tout de son pere de sa mere je n ai juste qu a recevoir cet amour a en vivre a le redonner parce que l amour circule sans cesse croisant les fils d un superbe tapis que dieu cree a l infini je recois cet amour de facon consciente en remerciant en louant en chantant les merveilles de dieu cela me fait vivre cela m enchante cela m emerveille cela re echante ma vie elle a du gout de la saveur elle est comme parfumee je m abandonne a cet amour pour lui rendre
    comme je peux tout le bien qu il me fait je lui laisse le souci de faire en moi tout ce que je ne peux pas faire il veut que je redevienne comme un enfant emmerveille de vivre ne comptant que sur lui seul voila ce qui me surprendra toujours cet amour est source de joie de bonheur de douceur de tendresse seul le seigneur peut accomplir ce miracle dans toute vie demain commence le joli mois de mai avec marie que toutes les fleurs du printemps embaument vos coeurs je vous offre a tous des bouquets de muguet odorant les lis des champs dans la bible voici le mois de mai ou les fleurs volent au vent comme le dit la chanson merci encore thierry

  14. Redigé par Catherine87:

    Bonsoir Thierry, Bonsoir à tous,

    Je crois au merveilleux, au mystère de Dieu, de Marie, à la force de la prière.
    Que de signes nous sont envoyés :
    Un père qui guérit de son cancer après un voyage à Lourdes àlors que son médecin le condannait déjà, cet accident de voiture évité de justesse, on se demande comment ?… un autre accident de voiture sans mort, sans blessé…. un enfant qui guérit…
    des prières à Marie exaucées lors d’un autre voyage à Lourdes…

    Il n »y a rien de rationnel, rien à expliquer, si ce n’est l’amour infini de notre créateur.

    Il faut croire à l’invisible, au force de l’esprit…

  15. Redigé par alladin:

    bonjour Thierry et bonjour a tous

    la beauté du mystère pourrait être « un acte d’amour suprême » comme nous dit l’apôtre Paul:
    Ainsi, celui qui est uni au Christ est une nouvelle créature :
    ce qui est ancien a disparu, voici : ce qui est nouveau est déjà là.
    Tout cela est l’œuvre de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui
    par le Christ et qui nous a confié le ministère de la réconciliation.
    En effet, Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même,
    sans tenir compte de leurs fautes, et il a fait de nous les dépositaires
    du message de la réconciliation. Nous faisons donc fonction d’ambassadeurs
    au nom du Christ, comme si Dieu adressait par nous cette invitation aux hommes :
    « C’est au nom du Christ que nous vous en supplions : soyez réconciliés avec Dieu.
    Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur à notre
    place pour que, dans l’union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu. »
    et je crois que la beauté du mystère est folie pour les hommes et sagesse pour Dieu.

    bon premier a tous

    Alladin

  16. Redigé par emylia92:

    Bonsoir Thierry et les visiteurs

    Je vous livre mes réflexions sur l’Émerveillement.
    Elles sont un peu longues mais c’est ce qui me travaille depuis une vingtaine d’années. Je m’en excuse d’avance.

    Le premier émerveillement, lorsqu’on arrive au monde, c’est la découverte d’autrui, la découverte de l’amour de sa mère, de son père. C’est la découverte que l’on est pas seul au monde. Cette prise de conscience progressive nous conduit à comprendre que nous existons nous aussi indépendamment des êtres qui nous aiment et que nous aimons.

    Grâce à cette certitude de l’existence de ce monde affectif qui nous construit, nous devenons capables d’explorer le monde matériel. Nous expérimentons les Lois de la nature sous toutes leurs formes. Le monde paraît mystérieux, étrange et beau. Parfois, quand on choisit d’en faire son métier, on réalise que l’on peut de faire des représentations mathématiques de cette nature si mystérieuse. Il y a comme une ivresse de la toute-puissance à l’idée que la réalité de notre monde pourrait tenir dans un système d’équations objectif qui donnerait accès au passé, au présent, au futur. (Quelle prétention !)

    Mais plus on creuse la question du réel que nous tentons de l’appréhender avec nos sens, nos moyens techniques et intellectuels, plus on essaye de s’approcher d’une hypothétique vérité universelle, plus on s’aperçoit du surgissement d’un infini toujours renouvelé qui nous en sépare encore.

    Si Pascal en son temps, s’effrayait du silence de ces espaces infinis, on peut aujourd’hui encore en saisir tout ce qu’il y a de plus insondable.

    En histoire des sciences de belles théories brillantes se succèdent. À tour de rôle, elles deviennent obsolètes devant le verdict implacable de l’expérimentation toujours plus perfectionnée. De nos jours, deux magnifiques édifices théoriques opposent deux visions du monde incompatibles entre elles : La relativité générale décrit le monde stupéfiant de l‘infiniment grand, l’histoire de l’univers et du big-bang ; la mécanique quantique décrit parfaitement le monde surprenant de l’infiniment petit, celui des particules élémentaires et de leurs interactions.

    Nous ne pouvons envisager qu’une nature universelle, intelligible et cohérente. Elle ne peut changer de paradigme « anthropomorphique » selon ce qui nous arrange, nous les humains. Voilà donc une grande faiblesse dans toute cette belle construction de la pyramide de la connaissance qu’élabore patiemment l’humanité depuis des millénaires.

    Encore plus extraordinaire : l’univers n’est pas seulement constitué de la matière ordinaire qui constitue notre monde visible. L’Univers semble être constitué de 70% d’énergie sombre, de 26% de matière noire et de 4% de matière ordinaire dont nous sommes faits.

    Qu’est ce que l’énergie sombre, la matière noire ? Nous n’en avons aucune idée si ce n’est que nos observations et expériences contredisent très sérieusement des milliers d’années de patientes et minutieuses études des Loi de la nature.

    96% de la nature de l’univers nous est donc totalement inconnue. Est-ce que nous n’avons rien compris du réel ? Nous échappe t’il dans l’essentiel ?

    Faut-il reprendre à zéro toute notre compréhension du monde ? Faut-il renoncer à élaborer définitivement une vision claire et cohérente ? Faut-il comprendre que toute tentative d’explication du monde est illusoire car elle n’est en fait qu’une représentation approximative, temporaire, limitée forcément par nos capacités cérébrales.

    Devant cette confusion déstabilisante après tant d’efforts conjoints, il nous reste l’émerveillement devant la complexité du monde qui nous entoure et qui toujours nous échappe.

    Bien plus proche de nous, que ces espaces infinis qui effrayaient Pascal, le monde du vivant apparaît encore bien plus énigmatique et fascinant avec la question irrésolue de la transition de l’inerte au vivant.

    Comment, il y a quelques milliards d’années, se sont élaborées les molécules du vivant dans la soupe primitive ? Comment est née la première bactérie qui s’est constituée en une membrane séparant un monde du dedans d’un monde du dehors. Comment une bactérie a enserré une molécule d’ADN pour donner naissance à la première cellule. Comment la nature a-t’elle eu l’idée d’inventer la reproduction sexuée qui a apporté tant de richesse de renouvellement à la vie mais a aussi apporté les inexorables phases de naissance et de mort.
    Qu’est-ce qui a poussé des cellules à s’associer et coopérer pour survivre, inventant ainsi le premier organisme pluricellulaire. Les premiers organismes animaux se dont dotés d’un cœur et d’un cerveau pour autoréguler leur fonctionnement mais aussi éprouver des réactions primaires indispensables pour assurer leur autodéfense.

    Pourquoi y a t’il eu au cours de ce dernier milliard d’années des catastrophes qui ont failli anéantir la vie sur terre, à plusieurs reprises. À chaque fois, la vie a repris de plus bel, sous une nouvelle forme, améliorée par rapport à l’ancienne forme de vie. Comment la nature a t’elle pu avoir conscience de devoir corriger ses erreurs ?

    La vie est sortie des mers et a colonisé les terres émergées où sont venus cohabiter le règne végétal et le règne animal. Au cours de centaines de millions d’années, un nombre incroyable d’espèces animales et végétales se sont livrées à de féroces combats pour la survie. Sauf exception, presque toutes les espèces se sont éteintes soit par disparition, soit par évolution.

    Il y a soixante dix millions d’années, les dinosaures mastodontes qui menaient à grand train, la vie à dans l’impasse du gigantisme, ont été simplement effacés de la surface terrestre pour donner une chance aux mammifères.

    Le cerveau des mammifères est devenu une petite merveille, avec l’apparition du néocortex, capable d’avoir la conscience de soi, des autres, de la vie et de la mort (surtout chez les mammifères supérieurs).

    Nos ancêtres les hominidés vivaient déjà en communautés sociales avancées quand ils sont descendus de leurs arbres il y a quelques millions d’années, en Afrique équatoriale. Ils se sont mis à sillonner la planète à pied. Ils ont crée cette activité essentielle qu’est le langage qui a pu nous souder efficacement en communautés et en familles. Ils ont été capables de raisonner, d’inventer des outils.

    Pourtant, les hominidés ont failli tous disparaître. Comment survivre dans un monde en proie à l’impitoyable sélection naturelle. La vie a toujours été précaire et fragile. Ils n’avaient pas les atouts de la force brute. Les Néandertaliens ont fini par disparaitre, alors que les Homo-Sapiens ont survécu ! Ce fait demeure à ce jour incompréhensible.

    Mystérieusement, à l’aube de l’histoire, l’homme a cessé ses pérégrinations partout en même temps sur la terre, pour s’établir dans des villages. Comment lui est venue l’idée de cultiver les terres, de pratiquer l’élevage et la pêche ? Il a commencé à maitriser les techniques d’irrigation notamment dans le berceau fertile de l’humanité. Il a pris le temps d’inventer l’écriture pour transmettre un patrimoine de savoirs acquis essentiels aux générations suivantes.

    Au cours de l’histoire, bien des civilisations se sont crées, se sont affrontées puis se sont effondrées. Mais le salut de la survie de l’humanité était déjà irrémédiablement engagé.

    Aujourd’hui, nous sommes devenus omniprésents sur toute la planète. Nous sommes présents dans l’Espace. Nous avons crée l’Histoire Humaine et instauré le progrès technique. Nous avons collecté des connaissances considérables sur la nature. Nous avons inventé la culture. Nous avons toujours su transmettre notre culture et nos connaissances de générations en générations. Nous avons pénétré bien des secrets de la vie qui a donné naissance à la médecine et qui permet de sauver des vies. Nous avons été capables de construire des sociétés humaines de plus en plus complexes, de mieux en mieux organisées capables de produire de très nombreuses richesses qui nous permettent de ne pas mourir de faim et de coexister à sept milliards d’individus.

    Cependant nous n’avons jamais pu surmonter la mort ni déterminer la limite entre l’inerte et le vivant, entre la conscience et l’inconscient.

    Sommes nous des êtres exceptionnels sur cette terre ?

    Depuis des milliers d’années, voire des centaines de milliers d’années, nous n’avons jamais changé certaines attitudes qui sont propres aux humains.
    Nous ne nous sommes jamais débarrassés de notre barbarie intime capable des pires cruautés, nous conduisant à la destruction de nos semblables, ou de soi-même. En contrepartie, nous sommes les champions de l’empathie et de l’altruisme qui ont permis de préserver en partie notre espèce de l’autodestruction complète par barbarie (les mammifères supérieurs qui sont dotés d’un néocortex, sont capables d’empathie et d’altruisme, sans une moindre mesure que les humains).

    Au niveau individuel, la vie recommence à chaque naissance. La conscience émerge peu à peu des limbes du néant. Dans un cerveau vierge de toute expérience, les premières années s’établissent peu à peu les connections neuronales qui feront de chacun d’entre nous, un être unique. La plasticité de notre cerveau permet d’y inscrire nos émotions, d’y construire la mémoire de notre expérience vécue. Nous sommes avant tout des êtres sociaux. Nous ne pouvons vivre seuls, et nous avons besoin d’attachement. Sans affection et sans amour, nous dépérissons. Cependant nous avons aussi besoin d’affirmer notre individualité pour exister dans notre groupe social. Si nous sommes privés d’interactions avec nos semblables, les interconnections neuronales ne s’effectuent pas et les neurones se délitent.

    Les joies et les douleurs et nos activités mentales impriment le cerveau tout au long de la vie. Même en cas de blessure due à un accident ou une maladie, le cerveau a une capacité de résilience incroyable grâce à sa plasticité extraordinaire. On sait maintenant que même si l’on perd un nombre considérable de neurones au cours de notre vie (ceux qui ne sont pas utilisés), notre cerveau se régénère en permanence dans certaines régions. La résilience se caractérise par la capacité de faire migrer de nouveaux neurones vierges vers la zone endommagée pour créer de nouvelles connexions neuronales.

    Le cerveau, c’est l’organe du corps qui donne la conscience de soi, et d’existence à la matière. C’est non seulement la conscience au temps présent, mais aussi toute l’historicité personnelle qui est gravé sous la forme de la mémoire.

    La façon dont la conscience émerge de la matière, au cours de l’histoire de la vie, au cours de l’histoire de l’humanité ou au cours d’une vie d’être humain est certainement la plus grande source d’émerveillement que l’on puisse envisager.

    Un jour, la conscience en vient à se poser la question suivante :

    Pourquoi y a t’il quelque chose plutôt que rien ?
    En effet, il s’en est fallu de peu que l’univers ne puisse se former tel que nous le connaissons (la matière aurait pu s’annihiler complètement avec l’antimatière, les protons auraient pu ne jamais s’associer aux électrons, les galaxies et les étoiles auraient pu ne jamais se condenser en structures compactes, notre poussière aurait pu ne jamais être produite au cœur des supernovas).

    L’émergence de la chimie du vivant dans la mer d’une planète si singulière que la terre est une énigme.

    Qui gouverne l’évolution de l’univers, de la vie, des espèces?

    Le hasard seul peut-t‘il présider à cette longue l’histoire de l’univers, à l’histoire du vivant, à la lente émergence de la conscience que nous venons de balayer ?

    Il semble totalement incompréhensible que l’émergence de la complexité puisse s’imposer en contradiction avec principe naturel d’entropie qui veut qu’il y ait toujours plus de chaos et désordre avec l’écoulement irréversible du temps.

    Mais au fait, moi-même, qui suis-je ?
    Suis-je seulement ce que je crois être ?

  17. Redigé par Marie Richard:

    Bonjour à tous,

    À toi, Thierry, comme elle est belle ton idée de ré-enchanter le monde par la beauté du mystère ! Vraiment, tu crois que nous ne voyons plus ces mystères qui enchantent ? Pourtant, plusieurs, ici, en ont fait de belles descriptions, que j’endosse. Puis, émylia92, nous fait un résumé des connaissances acquises depuis le début des temps.
    J’apprécie car moi aussi j’ai couru longtemps après ces connaissances scientifiques qui sont fantastiques, absolument nécessaires et montrent combien les êtres humains sont pourvus de talents.
    Mais, c’est aussi vrai, que les croyances de beaucoup de personnes reposent sur ce qui est observable, reproductible et j’ajouterais prouvable…
    Dans cette ligne de pensée rationnelle, nous sommes loin des mystères, comme tu dis :« On retourne vers…et apprécie la Parole de Dieu mais on s’arrête aux portes du mystère.» Pour cette raison, j’aime bien cette phrase :« Se laisser croire par Dieu »
    Elle s’accorde avec deux des grands mystères de la vie qui me fascinent : La Résurrection et la grandeur de l’homme et de la femme. Je m’arrête sur ce dernier.
    Vous devez connaître ces mots de deux paysans bavarois :
    « C’est embêtant mais il paraît certain que l’homme descend du singe.»
    L’autre répond : « Oui,oui, mais moi, je voudrais bien voir le singe qui le premier, s’aperçut qu’il n’en était plus un.»
    Et moi, j’ajoute : Pourquoi il y en a qui sont demeurés singes ???

    M.Zundel donne à cette anecdote une immense profondeur :« Elle centre admirablement tout le drame de l’homme sur ce fait qu’il est un singe des pieds à la tête mais qui s’aperçoit qu’il n’est plus un singe. Nous le sommes (moi, je dis en plus beaux ) mais nous ne sommes pas que cela. Nous émergeons de l’animal en se distinguant de lui par le pouvoir de se dépasser.»
    Qui est cette personne que nous apprenons à connaître petit à petit ?
    Qu’a-t-elle de particulier à part ses ressemblances et sa génétique?
    À quel âge avons-nous perçu les contours de notre corps et appris que nous étions une entité distincte, autonome et relativement libre ?
    « Entre l’homme et lui-même, il y a une distance infinie. dit Zundel.»
    Comment ne pas comprendre qu’il existe la même distance entre Dieu et l’homme ? Comment ne pas comprendre que la connaissance de Dieu passe, en premier, par la connaissance de soi. Comment oublier que tout passe par l’homme avant d’atteindre Dieu ? Tout ce que nous connaissons de Dieu vient de l’apprentissage que l’homme en a fait, en premier.« Tout ce que l’on sait, on le sait par l’homme.» Il y en a de grands, Jésus, les Saints et Saintes, Gandhi, Dr.A. Schweitzer, A.Einstein, mère Térésa ect…ect… la liste serait longue.

    Nous sommes deux en un: Il y a nous et il y a Lui en nous.Il y a tout un monde parfois, avant que nous nous trouvions tous les deux, n’est-ce-pas?
    Qui ne connaît pas cette mystérieuse petite voix que l’on entend si bien dans nos profondeurs, que nous appelons la conscience et qui nous révèle aussi nos désirs. N’est-ce pas Dieu qui se manifeste mystérieusement dans notre centre ?
    La personne humaine est grande, elle peut avoir des dimensions infinies.
    « C’est ce sens de l’homme, c’est cette foi dans l’homme, c’est cette conviction que tout homme peut-être la source et le créateur d’un bien commun, peut devenir une valeur universelle, qui est au premier plan de nos préoccupations.(…) et ainsi rassembler tous les hommes dans une commune aventure » Maurice Zundel
    Il continue :« Force nous est ici d’en faire l’aveu: les religions…malgré toute leur bonne volonté… en enfermant exclusivement et jalousement tout bien en Dieu, toute science, toute puissance, toute sainteté, elles ont pratiquement dévaloriser l’homme, (…) L’homme doit s’anéantir pour glorifier Dieu, et c’est quand il est réduit à zéro que Dieu est satisfait. (…) Rien n’est plus tragique que cette déformation où la grandeur divine est au prix de la grandeur humaine.»
    C’est à travers nous que Dieu doit transparaître, si non, pourquoi nous aurait-il créés ? C’est la grandeur de l’homme dans laquelle doit transpercer la grandeur de Dieu que je défends, ici, aujourd’hui.C’est dans cette grandeur qu’il faut croire en premier. Nous savons que nous pouvons. Même chez les plus petits d’entre-nous, que nous sommes, nous voyons de multiples petites grandeurs. Sans oublier que Dieu est notre suprême bien, si nous réfléchissons bien, nous pouvons croire en la personne humaine, ainsi en nous. Nous en avons des preuves chaque jour. Pourquoi ne pas penser, que ce sont nos faiblesses, nos pauvretés, qui se glissent en travers de nos réalisations qui vont nous sauver ?
    « Finalement, c’est l’homme ou la femme que nous deviendrons, que nous choisirons d’être qui sera pour tous ceux qui nous entourent la condition même de leur approche de Dieu.»
    Dieu ne juge pas et ne voit pas les hommes comme nous heureusement. Continuons de vivre l’Évangile et d’écrire un bout de l’histoire mystérieuse, quotidienne, de ce Dieu d’amour.
    Merci pour tous ces beaux textes sur ce blog.
    Marie

  18. Redigé par Marie Richard:

    P/S Hombeline, il faut tenir compte du décalage horaire. Vous êtes 6 heures en avant de moi. Marie

  19. Redigé par Larry:

    Que de pensées émerveillées et émerveillantes. Je me sens un peu timide face à tant de talents . Un peu trop occupé ces derniers jours. Dommage car l enchantement est un thème qui me passionne. Je relirai ce week end . Plus détendu .

    Notre esprit rationnel n a t il pas aussi et quand même permis d’éloigner la superstition de notre foi . De permettre à celle ci d être plus sincère car éloignée de l’effroi de l’orage et de l’éclair . Que la terre ne soit plus plate, ne soit pas le centre de l Univers n’enlève en rien notre capacité d émerveillement face à l infini de cet univers . De Dieu qui parle aussi à travers la nature. Me suis souvent demandé comment je réagirais s’il était prouvé que la vie existait ailleurs que sur terre . Cela ne changerait rien au mystère de la foi. Que celui ci resterait aussi grand . Comme la découverte de nouveaux continents n a pas ébranlé la foi de nos ancêtres .

    Denise, mon épouse est Neo zélandaise. Elle se dit agnostique. Mais je pense souvent qu il y a d’avantage de foi en elle qu en moi . Sa compassion à l’égard des animaux qui souffrent – et donc sa capacité effective et concrète – ainsi que sa capacité d’émerveillement quotidienne à l égard de la nature me rend parfois jaloux. Ou tout au moins m’ébranle. Ais je cette même capacité concrète de compassion à l’égard de la souffrance humaine. Je l espère . Et je lui envie son émerveillement

    En retard. Merci a toutes et tous pour vos très beaux témoignages et vous souhaite une journée enchante.

  20. Redigé par Sophie:

    Bonjour à chacun,

    Contempler le mystère…. cela m’invite à me taire, et à regarder.
    Les récits de l’Evangile où Jésus agit, parle.. ou se tait, où ses interlocuteurs réagissent sont autant d’occasion de contempler l’action de Dieu en laissant infuser en nous la parole qu’Il nous a laissé.

    A mes yeux, il y a autant de mystère à contempler dans l’efficacité de la Parole de Jésus lorsqu’il dit à Lévi  » Toi, suis moi « …. et que Lévi le suit, qu’à imaginer Jésus marchant sur les eaux.

    Bonne journée.

  21. Redigé par Hombeline:

    Marie Richard, où habitez-vous ? Peutêtre au Québec, j’ai des amis québécois que je contacte par Skype, ils sont loin mais semblent si proches de moi quand je les vois tous les soirs connectés et nous nous faisons une webcam de temps en temps !
    Toujours de beaux textes en référence au message de Thierry ! Il y a tant à dire mais laissons en le soin aux personnes très douées pour exprimer ce que nous pensons mais ne savons pas mettre en mots !…. A chacun ses dons !….ses talents !……
    Amitiés à Thierry et à tous les internautes.

  22. Redigé par Odile:

    La beauté du mystère c’est aussi celle représentée par Léonard de Vinci dans « La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne », devant laquelle on peut s’émerveiller au Louvre actuellement.

    On voit avec une grande émotion tout le travail préparatoire réalisé par Léonard de Vinci pendant 20 ans pour parvenir à représenter ce mystère de l’amour divin incarné dans l’amour maternel. On voit ces compositions, ces dessins, ces esquisses, toute cette recherche sans cesse reprise pour parvenir à représenter avec toute la justesse et la délicatesse voulues par Léonard de Vinci, la grâce de ce mystère divin. La délicatesse de l’attitude, du regard, du sourire de chacun. Tout le travail sur la transparence des voiles, les drapés, les plis, les recherches sur les lumières, les couleurs, le lapis lazuli broyé avec du blanc pour parvenir à ce bleu exceptionnel…

    Particulièrement émouvant, un petit dessin au crayon montre les mains encore crispées de la Vierge Marie comme si elle voulait retenir l’Enfant Jésus d’aller vers son destin d’agneau sacrifié.
    Le tableau final est éblouissant de quiétude, de tendresse et de confiance. Les mains de Marie laissent aller Jésus vers l’Agneau en pleine confiance.

    Le mystère de la foi nous dépasse magnifiquement.
    Beau mois de mai à tous avec Marie,
    Odile

  23. Redigé par L.N:

    Au revoir , que Dieu vous protège tous , vous accompagne chaque instant , que Celui qui a dit je suis le Chemin , la Vie , la Vérité , vous aide à le suivre , pour ma part , je vais le suivre très loin , de l’autre côté de l’Atlantique puisque je m’envole pour l’Amérique dès dimanche.
    Mon âme exalte le Seigneur , exulte de joie devant tant de Bonheur…
    Merci de prier pour moi comme je vais prier pour vous en regardant les gros rouleaux de vagues « malibuesques »
    Amitiés Thierry et belle et sainte Semaine à tous

  24. Redigé par emylia92:

    Bonjour Thierry, bonjour à tous les visiteurs de ce site.

    Je poursuis mes réflexions du 1/05/2012 pour arriver à l’essentiel :

    Mais au fait, moi-même, qui suis-je ?
    Suis-je seulement ce que je crois être ?

    Après avoir essayé de trouver la Vérité en dehors de soi, on peut finir par retourner à soi-même et se poser la question de son Identité : « Connaît toi toi-même » disait Socrate 400 ans avant Jésus Christ.

    Petit à petit, on pénètre son intériorité et on réalise que l’on est bien plus que ce que l’on croyait être. On découvre alors que l’on a une profondeur intérieure spirituelle en comparaison de notre enveloppe extérieure que seule on connaissait auparavant.

    Quel émerveillement ! C’est cette source de vie qu’Etty Hillesum trouve en elle même et qu’elle appelle Dieu. C’est cet homme intérieur par opposition à l’homme extérieur que mentionne Bertrand Vergely. C’est Dieu, plus intime que moi-même que découvre Saint-Augustin dans ses remarquables confessions.

    Donc c’est bien la révélation de Dieu en soi qui constitue le plus grand émerveillement d’une vie. Cette découverte dissipe les peurs et les remplace par la Joie, le Saint Esprit.

    Je suis d’accord avec Marie Richard pour dire qu’il y a du divin dans l’homme, que l’homme est sacré.
    J’ai souvent essayé de lire « La Pesanteur et la Grâce » de Simone Weil.
    Je suis attristée quand elle dit qu’il faut se mépriser, s’humilier à l’extrême pour que Dieu pénètre en nous. Mais je n’ai peut être pas bien compris cette œuvre.

    On doit se sentir aspiré par le désir que la créature fasse honneur à son c créateur.

    Bon week-end.

  25. Redigé par bb:

    Tout a été si bien dit….par vous tous.
    Il y a un moment où il faut s’arrêter de chercher à comprendre, mais contempler tout simplement le grand miracle de l’existence et laisser l’émerveillement nous saisir.
    Un très beau livre à lire de Jean Vanier  » toute personne est une histoire sacré ».
    Bon week end à tous

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